<incom> Fullsack, Compte-rendu du PrepCom-2 de la 2ème phase du SMSI
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Wed Apr 13 12:09:18 CEST 2005
Compte-rendu du PrepCom-2 de la 2ème phase du SMSI
<http://csdptt.org/article351.html>
Jean-Louis Fullsack
Compte-rendu du PrepCom-2 de la 2ème phase du SMSI
PC-2/II
Genève, Palais des Nations, 14-25 février 2005
Ce PrepCom s’inscrit dans la deuxième phase du Sommet, dite « phase de
Tunis », et fait suite au PrepCom-1 qui s’est tenu en Tunisie en
février. CSDPTT avait décidé de ne pas y prendre part notamment au vu
des nombreux problèmes sur le plan du respect des droits de l’Homme que
pose quotidiennement dans ce Pays le gouvernement tunisien. Comme prévu,
PrepCom-1 avait été émaillé d’incidents et son programme de travail n’a
été que très partiellement respecté, les réunions plénières ayant été
marquées par de nombreuses obstructions et manœuvres dont une bonne
partie étaient téléguidées par les instances gouvernementales. PrepCom-2
est donc revenu sur les rives du Léman, plus paisibles et, bien que pas
toujours à l’abri de critiques, plus propices au travail et à aux
débats. Quoique ...
Pour résumer le déroulement et les résultats de ce PrepCom-2, voici
l’éditorial de La Lettre mensuelle de CSDPTT de mars 2005.
PrepCom-2 : la Société civile à la recherche d’un deuxième souffle
Le 2ème Comité préparatoire (PrepCom-2) de la deuxième phase du SMSI
vient de se dérouler du 15 au 26 février à Genève. Il a rassemblé
quelques 700 délégués des 160 Etats représentés et des organisations
inter internationales et régionales ainsi que des représentants du
secteur privé, et environ 180 membres de la Société civile. Au programme
: la préparation des documents officiels du Sommet de Tunis, l’examen du
Rapport du Groupe de travail sur les mécanismes financiers (TFFM) mis en
place par le Secrétaire général des Nations Unies suite à l’échec du
Sommet de Genève sur cette question fondamentale, comme sur celle de la
gouvernance d’Internet qui a été évoquée lors de deux sessions mais dont
le Rapport final du groupe de travail (WGIG ou « ouiguig ») sera « au
menu du prochain PrepCom-3, en septembre. Pour le PrepCom-2 deux « gros
morceaux » étaient au programme et devaient faire durer les discussions
: le « Chapeau politique » du projet de document officiel pour Tunis et
le Rapport du TFFM qui fait l’objet du chapitre 2 de ce document. Sur le
premier sujet il n’y a pas eu consensus et en dernière minute la Suisse
a proposé un texte de compromis. Quant au Rapport du TFFM il a été
contesté par une grande majorité de gouvernements -en particulier du «
Sud », Brésil en tête- pour son manque de vision, son analyse incomplète
et sa propension à donner au marché et aux investissements privés des
rôles dominants. Comme il doit constituer l’essentiel du Chapitre 2 du
document officiel, celui-là n’a guère avancé et le Fonds de Solidarité
-boudé par le Rapport du TFFM- a finalement réussi à s’y glisser sous
une version consensuelle, c’est-à-dire sans engagement des gouvernements
représentés. CSDPTT a critiqué pour des raisons identiques ce Rapport
dès qu’il a été divulgué (voir notre compte-rendu de la Réunion du
Groupe des Amis du Président en janvier). Notre association est
intervenue dans la Plénière intergouvernementale pour rappeler quelques
évidences financières quant aux problèmes posés par les investissements
indispensables pour combler « le fossé numérique », et rappeler les
engagements -minimalistes- pris par les Etats à Monterrey pour financer
le développement. Quant à la Société civile, elle a visiblement perdu
ses marques pour diverses raisons : une deuxième phase du SMSI sans
objectif(s) visible(s), une atomisation de sa structure déjà plus que
hétérogène par une « génération spontanée » de caucus, le débat
tuniso-tunisien qui a fortement miné son travail et empoisonné les
débats (notamment ceux organisés par le Caucus des Droits de l’Homme et
la rencontre entre la Présidence de l’Union européenne et les ONG). Par
ailleurs, les grandes organisations « transnationales » comme APC et
CRIS ont essayé de prendre en main cette société civile malgré les (ou à
cause des) problèmes cités, alors que CONGO, qui fédère les ONG sous
statut agréé des Nations Unies, a essayé par tous les moyens -y compris
illégitimes comme son Communiqué de presse abusivement intitulé « au nom
de la Société civile »- d’imposer sa stratégie « minimaliste » et
consensuelle pour sauver ce SMSI bien mal en point. Ce ne sont pas par
de telles méthodes que le SMSI avancera mais par de réels débats sur les
sujets les plus importants et le consensus indispensable pour répondre
aux attentes de tous ceux, au Nord comme au Sud, qui sont absents des
débats et seront les exclus de la Société de l’Information quelles qu’en
soient sa nature et ses apports.
Ayant été seul représentant de CSDPTT à ce PrepCom, j’évoquerai les
événements auxquels j’ai participé personnellement ; je rappellerai les
autres dans la mesure où j’en ai été suffisamment informé. Comme dans
les réunions précédentes du SMSI, j’ai privilégié les activités de la
Société civile. J’y ai personnellement œuvré dans trois domaines
particuliers : les mécanismes de financement, l’Afrique et l’Europe.
Le compte-rendu suivra la chronologie des événements, en résumant à
l’essentiel les deux réunions régulières de la SC : la Plénière (une
heure et demie chaque matin) et le groupe Contenus et Thèmes (C&T, une
heure chaque soir). On trouvera en outre des comptes-rendus succincts
des réunions de ses groupes de travail et « Caucus ».
Après mon enregistrement lundi 14 et une visite rituelle à la
bibliothèque de l’UIT mardi matin, 15 février, je retrouve mes bonnes
connaissances au Palais des Nations et assiste à ma première réunion du
Groupe C&T de la SC. Il est présidé par Tracey Naughton et Karen Banks
(APC). Rappel des fonctions du C&T en phase I :
- coordination du travail des différentes entités de la SC (groupes de
travail, Caucus, groupes thématiques),
- faciliter les ententes sur le contenu des présentations et
contributions en Plénière intergouvernementale,
- choisir les thèmes en fonction de l’ordre du jour de ces Plénières et
désigner le(s) présentateur(s) de la SC, en général sur proposition des
GT et Caucus,
- désigner le(s) représentant de la SC pour des événements parallèles
tels que conférences de presse. Décision de réunir le C&T tous les soirs
(18-19 h, assistance traduction grâce aux volontaires des NU), pour
résumer les travaux et interventions de la SC et désigner les « speakers
» dans la Plénière intergouvernementale du lendemain.
La 2ème phase du SMSI est plus focalisée sur les sujets concrets et
notre méthode de travail doit s’y adapter ; un groupe de travail est
constitué afin de proposer des solutions (confié à Ramin et Rik). Il
faut actualiser la liste des Caucus -trop nombreux et de
représentativité discutable- et convenir de critères pour les «
légitimer ». En effet, les présidents des entités reconnues (Caucus et
GT) ont un siège au Bureau de la SC ! Il ne faut donc pas s’étonner que
des Caucus naissent plus ou moins « spontanément » pour faire siéger
leur responsable à ce Bureau. Le début de cette deuxième phase a ainsi
montré d’une part une disparition de fait de caucus de la première
phase, et d’autre part, une floraison de caucus dont une bonne partie
est tunisienne ... et pas vraiment non-gouvernementale ! Le groupe C&T «
impose » donc quatre critères qu’il est bon de rappeler :
- une déclaration de son contenu ( justification),
- une personne contact et une liste de ses membres,
- des réunions ouverte lors des PrepComs,
- une liste de discussion et éventuellement un site Internet. Chaque
Caucus (et Groupe de travail) désigne un ou deux représentants au groupe
C&T.
Les Caucus et GT coordonnent leurs interventions en Plénières et
désignent leur intervenant dans celles-ci. Le groupe C&T se voit ainsi
déchargé de ses attributions et se limitera alors à la désignation
effective au regard de certains « équilibres » (Région, genre, jeunes,
...). On verra plus loin une première application de ce principe, pas
toujours transparent,... dont je serai la première « victime ».
Cette redéfinition des rôles des entités et du groupe C&T met en
évidence la menace sur le rôle de la Plénière. Je suis donc intervenu
pour demander que la Plénière de la SC doit être -comme dans la première
phase du SMSI- le lieu de débat privilégié de la SC, et en conséquence,
l’entité reconnue par la SC pour légitimer ses prises de position et ses
décisions.
Autre crainte des présents (à peine une vingtaine) : la dominance de la
langue anglaise dans les débats. Divina Frau-Meigs propose que les
Caucus et GT soient au moins bilingues.
Discussion sur les réunions de la SC : « ouvertes » à toutes les parties
prenantes du SMSI (ce devrait être la grande majorité) ou « fermées » et
donc limitées à la seule SC lorsque cela est justifié. Cette question
n’a jamais été posée auparavant ... Désignation du(des) représentant(s)
de la SC pour la conférence de presse de demain : j’avais été proposé
par le Bureau de la SC (à l’initiative du Caucus Afrique) pour en faire
partie. Finalement, et dans l’imbroglio parfait, je suis écarté au titre
de l’équilibre des genres. Les thèmes n’ont guère été discutés, mais un
groupe coopté par les grandes ONG et CONGO, rédigera une déclaration qui
sera lue et commentée si besoin aux journalistes présents.
La Plénière de la SC réunit une cinquantaine de participants mercredi 16
février sous la présidence de Renate Bloem (CONGO) et Ramin Kaweh
(UN-NGLS). Ramin rappelle le rôle de la Plénière :
- faciliter la discussion,
- partager les informations des diverses entités de la SC
- comptes-rendus des réunions du Bureau de la SC et de ses entités,
- comptes-rendus des Plénières intergouvernementales (« monitoring »)
- annonces de réunions ou d’événements pour la journée. Comme on le
voit, les débats sur les thèmes d’actualité et la recherche du consensus
sur les réponses apportées par la SC ont disparu alors qu’ils occupaient
largement cet espace lors de la 1ère phase du SMSI.
Le PrepCom-2 s’ouvrira officiellement demain matin par une Plénière
intergouvernementale et réunira son Sous-comité (chargé de l’élaboration
du document soumis au Sommet de Tunis) l’après-midi, avec l’examen des
conclusions du Rapport (controversé) du groupe de Travail sur les
Mécanismes de Financement (GTMF ou TFFM en anglais), élaboré suite à la
demande du Secrétaire général des Nations unies et confié au PNUD.
La SC dispose quotidiennement de quinze minutes dans les réunions de ce
Sous-comité intergouvernemental pour présenter ses contributions ou ses
déclarations, tout comme les organisations internationales et le secteur
privé (qui s’exprime par une seule voix : celle de la Chambre
internationale de commerce, CCI/CCBI) .
Je demande que la SC analyse ce Rapport du TTFM et qu’elle élabore ses
propositions en conséquence. C’est un travail qui doit incomber au GT
sur le financement mis en place (laborieusement) avant le PrepCom ; CRIS
fait remarquer qu’il a procédé à cette analyse et est prête à intervenir
en Plénière intergouvernementale sur ce sujet. Le Caucus Gouvernance
Internet (IG) parle de l’activité de la SC dans le GT sur la gouvernance
de l’Internet (WGIG ou « ouiguig ») et stigmatise le rôle ambigu de
l’UIT dans ce GT. De même les priorités y sont très controversées et la
position de la SC souvent contestée même si son apport est jugé positif.
Il faut coordonner l’activité des membres de la SC dans ce GT avec
l’organisation de la SC. Le Caucus IG serait tout indiqué.
Le Caucus Droits de l’Homme exprime ses préoccupations par rapport au
document officiel soumis au PrepCom ainsi que sur la situation critique
observée en particulier en Chine et en Tunisie (interruptions ... « nous
sommes de la société civile et donc pas de politique svp ! »), et Meryem
Marzouki annonce une réunion ouverte demain jeudi. Le Caucus Afrique
rencontrera le Caucus Asie demain. Je fais remarquer les résultats
décevants pour la SC de la réunion régionale africaine d’Accra. Le
Caucus proposera un compte-rendu plus complet sur celle-ci (un programme
en dix points a été rapidement rédigé).
Bertrand de la Chapelle demande de réfléchir à l’après-Sommet de Tunis
qui fait partie du chapitre 4 du document discuté en Sous-comité
intergouvernemental. Il attire l’attention sur l’importance du processus
du suivi et sur son caractère ouvert.
Le Caucus Europe se réunit ensuite pour préparer la rencontre des
organisations de la SC au SMSI avec la Présidence de l’UE, représentée
par l’Ambassadeur du Luxembourg, et sur son invitation. Thèmes : notre
position dans la SC, place des ONG dans l’UE, position de l’UE par
rapport au Sommet à Tunis. La rencontre a leu demain soir. Je propose
que l’on évoque aussi le thème du Développement, et plus
particulièrement l’action de l’UE à travers les accords UE-ACP (Traité
de Cotonou en vigueur depuis l’année dernière). Cela concerne les
représentants des ONG des pays ACP, en premier lieu desquels le Caucus
Afrique. Ralf Bendrath propose une réunion pan-européenne pour préparer
Tunis sur les grands thèmes comme le développement, le financement, la
gouvernance Internet, mais aussi le programme e-TEN de l’UE, les Droits
de l’Homme (DH), la brevetabilité des logiciels. Discussion sur le rôle
du Caucus Europe : un lobby actif (efficace) ? Une force de proposition
de « contenu » ? Présence à Bruxelles : quel interlocuteur UE ? Steve
Buckley insiste sur une position forte de l’UE par rapport aux DH à
Tunis à l’occasion du Sommet donc un soutien sans équivoque à la LDH
tunisienne. Je propose que les termes de la Déclaration des principes
signée par les gouvernements -y compris la Tunisie- soient fortement
rappelés et leur application exigée auprès des responsables tunisiens.
La SC devra en outre faire valoir ses exigences en termes de respect des
DH tels qu’ils figurent dans sa propre Déclaration de Genève en contre
partie de sa participation. La CS allemande propose un document qui
indique clairement les critères de l’UE (« European HR benchmarking
document »). La CS italienne demande que l’on prenne davantage et plus
expressément en compte les médias publics, sans oublier les médias
communautaires.
Réunion d’information organisée par le groupe de travail sur les
mécanismes financiers piloté par CRIS rassemble une trentaine de
participants. Dans une première présentation « Powerpoint » (adieu
Linux, Bill Gates revient !), Fernando Prada (Instituto Tercer Mundo,
Pérou) présente une vision systémique de la société de l’information
qu’il situe dans la perspective des Biens publics à l’échelle mondiale.
Il propose donc la création d’un système contenant les trois grandes
composantes de la SI : les réseaux à l’échelle globale, les accords
internationaux (y compris les mécanismes de financement), et le régimes
d’accès. Les stratégies de financement mettent l’accent sur le secteur
des infrastructures, tirent profit des mécanismes existants (y compris
nationaux) et pressent en faveur de mécanismes financiers spécifiques
comme les « bit tax » (facturation au débit). Présentation rapide et
quasi académique ... mais on peut revisiter l’exposé sur
<http://www.wsispapers.choike.org>).
La deuxième présentation « powerpoint » nous montre les nouvelles
rationalités pour les TIC en vue du développement (« ICT4D »). L’accès
ouvert en est le fondement, son modèle descriptif est le modèle en
couches. Ce modèle connu depuis des lustres dans la communauté des
télécommunicants, je l’avais proposé dès le début du SMSI, mais il
n’avait alors pas été jugé intéressant ... par une bonne partie de ceux
qui l’applaudissent aujourd’hui. Le modèle s’appuie sur six principes
clés que j’ai juste pu noter, car le présentateur semble se croire dans
son amphi devant ses étudiants anglophones. Les traducteurs ont depuis
longtemps abandonné de suivre et se « raccrochent aux branches »
lorsqu’ils le peuvent. Dommage, car il y a de la matière et un minimum
de logique (les rationalités) qui permettent indiscutablement une
meilleure « lecture » des schémas proposés dans la problématique des «
ICT4D ». On sent néanmoins l’inspiration du modèle Infodev de la Banque
Mondiale notamment dans les recommandations portant sur « la création
d’un environnement favorable » et les vertus salvatrices des « solutions
numériques » ...
Fort justement, Steve Buckley fait remarquer au nom d’AMARC (radios
communautaires) que le domaine des médias classiques (radio,
télévision,) est encore largement analogique et échappe donc en partie
aux miracles numériques. La vision du SMSI est donc singulièrement
réductrice qui se focalise sur l’Internet et son infrastructure. Il
rappelle aussi fort opportunément que le tiers de la population mondiale
n’a pas accès à l‘électricité. Il demande donc une approche plus
intégratrice qui prend aussi en compte l’éducation et pour laquelle il
propose un modèle en pyramide. Un intervenant indonésien ou indien
s’appuie sur une approche institutionnelle pour présenter trois cas de
propriété publique de réseau qu’il oppose à une approche télécentres,
tout comme il oppose la propriété communautaire à la propriété publique.
C’est assurément intéressant comme idée mais elle comporte à mon avis
quelques risques quant à la pérennité, d’autant que ce risque pèse non
pas sur un télécentre, mais sur un réseau (problème de couverture,
étendue et population de la zone concernée) dont les aspects
maintenance, développement et renouvellement sont essentiels.
Suit alors une autre session centrée sur « les mécanismes financiers et
les défis du financement ». Elle présente le réseau comme un Bien public
mondial (Global Public Good) en notant que dans les besoins exprimés
dans les PeD, les TIC viennent bien après l’eau, la santé, l’éducation
et l’électricité comme le relève le Rapport du TFFM. Michael Chirpak de
GPK a été membre de ce GT et assure que des mécanismes financiers
(existants) ne sont pas complètement utilisés. Cela est dû -notamment
pour l’APD- à la nature des marchés et à la (mauvaise) coordination.
Quant aux mécanismes innovants il présente la « Virtual Financing
Facility », ou l’institution de financement virtuelle, qui serait gérée
par un « Global ICT Financing Coordination Board ».qui identifie les
besoins, pilote la connexion, coordonne l’activité etc... En bon membre
de ce GT, ce représentant de la SC a défendu ce Rapport -pourtant
contesté par une grand nombre de participants du SMSI, à l’exception
notable du secteur privé. Willy Currie d’APC (l’autre organisation «
représentant » la SC dans ce GT) présente ensuite « les défis de
financement et les opportunités ». Il justifie l’extension du réseau
comme BPM à cause de la valeur des externalités du réseau et distingue
trois espaces : la zone couverte par le marché, la zone de
développement, et une zone intermédiaire qu’il appelle zone grise. C’est
probablement celle-ci qui serait concernée par le FSN. Elle se localise
dans les zones périurbaines en particulier. Ses applications vont des
radios communautaires à la formation. Chantal Peyer (PPP, Suisse)
demande de situer les besoins et les mécanismes de financement dans le
contexte des objectifs de développement du millénaire (MDG) et rappelle
le récent document de Jeffrey Sachs « Investing in Development ». Elle
insiste sur deux points : l’évaluation des besoins pour répondre aux MDG
(elle cite le cas du Ghana en termes d’APD), et les progrès attendus au
rythme de financement actuel de l’APD. Selon le document de Sachs, le
différentiel observé implique un financement supplémentaire de plus de
50 milliards de dollars par an. Les nouveaux mécanismes comprendront
ainsi le supplément « Sachs » de l’APD, le Fonds pour l’Afrique proposé
par Tony Blair, les taxes globales proposées par la France, le Brésil et
l’Espagne (voir le Rapport Landau). Elle insiste sur le lien entre les
MDG et le SMSI, les TIC devant être intégrés en tant qu’outils dans les
projets de développement s’inscrivant dans la démarche MDG. Elle
rappelle de même qu’il faut évaluer les besoins du Plan d’action de
Genève et la part respective de l’APD, des ressources domestiques, et
d’autres mécanismes de financement, tout en évitant de situer les TIC à
l’extérieur des MDG. Mustapha Ngueye (Présidence du Sénégal) se félicite
de la prise de conscience des besoins de financement et rappelle le DSF
qui est soutenu par l’ensemble des pays africains. Astrid Dufborg,
ambassadrice de Suède au SMSI s’interroge sur deux problèmes essentiels
: l’affirmation erronée qui prétend donner des réponses aux questions «
quoi, où et combien » s’agissant des besoins de financement car il y a
trop de paramètres et de non-fiabilités, et les priorités des bailleurs
de fonds qui sont décidées le plus souvent au niveau national.
L’approche qui ignore cela serait irréaliste. Je mets en doute ces
affirmations de Madame Dufborg -dont je reconnais l’engagement personnel
dans le SMSI y compris aux côtés de la SC- en précisant que le champ
d’investigation est certes vaste et donc aléatoire en partie, mais qu’il
comporte un « noyau dur » et bien évaluable échappant à ces aléas : les
infrastructures comme le réseau dorsal africain. Ces investissements
représentent le « gros » des besoins de financement et peuvent être
chiffrés de manière crédible, et leur investissement peut être limité à
condition que soient mis à plat les projets concurrents à leurs
différents stades. Le domaine le plus « paramétrable » et donc
aléatoire, se situe dans la périphérie des réseaux : réseaux d’accès,
services, contenus, tarification, etc ...
Un représentant des peuples autochtones fait remarquer que la dette et
son règlement sont un obstacle majeur dans les PMA qui sont confrontés à
un manque de routes et d’électricité. Il se demande dès lors comment les
TIC vont y arriver. Anita lui répond que le développement est d’abord le
rôle du gouvernement, que la formation des femmes est un facteur
important y compris pour contribuer aux coûts de la connexion pour
lesquels les solutions d’auto-financement doivent être envisagés. Par
ailleurs une déléguée indienne évoque le Fonds mondial de solidarité et
les fonds d’accès universel nationaux comme mécanismes envisageables
bien que très différents.
La réunion de C&T clôture cette journée du mercredi. Adina commente la
conférence de presse qui « n’a pas été un événement de la SC » car
organisée par les journalistes (AFP, Reuters, ...) et peu ouverte à la
SC. Quatre membres de la SC y sont intervenus pour évoquer la
gouvernance de l’Internet, les mécanismes financiers (Chantal Peyer), le
multipartenariat, et les DH et justice sociale. Deux documents ont été
remis aux journalistes sur la gouvernance de l’Internet et les
mécanismes financiers ; ils sont distribués aux présents. De l’avis
d’Adina ce n’était pas une bonne communication. Tracey Naughton, qui est
aussi journaliste, s’est faufilé dans les rangs de ses confrères et a
entendu leurs commentaires, dont « va donc expliquer cela à l’homme de
la rue ». A revoir pour la prochaine fois.
Trois « speakers » sont proposés pour le Sous-Comité
intergouvernemental, dont Bertrand de la Chapelle et Sean O’Sochru
(financement). Je propose que le financement, l’Afrique et l’Europe
fassent l’objet d’une seule présentation car liés fortement entre eux
notamment via les accords UE-ACP et ses instruments financiers pour le
développement. Cette proposition est retenue par la présidente (Tracey)
; je devrais donc être le 3ème « speaker » demain ... Des représentants
africains demandent davantage de focalisation sur leurs problèmes. La
discussion finit dans par se noyer.
Jeudi matin : Réunion du groupe de travail de la SC sur les mécanismes
financiers. Huit participants sous la présidence de Sean O’Sochru. Base
de discussion : le document remis à la presse. Les droits humains
doivent primer sur l’économie (Steve, European Caucus) ; rappeler les
principes des DH affichés lors de la Phase I et engager l’UE à
participer au financement. Il faut aussi considérer les mécanismes de
mise en œuvre du Plan d’action de Genève, envisagés dans le Chapitre 1
du document du PrepCom. Je demande une place prioritaire pour
l’infrastructure dans les PeD (artères dorsales). Un délégué du Caucus
Afrique demande de mettre en évidence les priorités spécifiques de
l’Afrique (infra, éducation, contenus locaux, ... ) et constate
l’insuffisance et l’inadéquation des mécanismes de financement. Le DSF
est le mécanisme vraiment innovant et pouvant répondre plus rapidement,
ce qu’approuve Nnenna en rappelant qu’il répond aux vœux de la SC
africaine et est soutenu par la SC européenne mais doit faire une place
à la SC pour sa gestion. L’intervenant propose ensuite le partenariat
multi-acteurs dans la coopération en vue du développement au niveau des
pays comme aux niveaux locaux. La participation de la SC africaine doit
susciter des besoins depuis la base. Une déléguée africaine s’interroge
sur le caractère « volontaire » du FSN et sur son mode de gestion (à
plusieurs niveaux : sous-régional, national, local ?). Chantal Peyer
attend des éclaircissements sur le DSF mais constate que d’autres «
innovations » sont mis sur la table par la SC : les BPM, les gestions
communautaires, les taxes globales.
On évoque ensuite les interventions de la SC en Plénière
intergouvernementale : Anriette Esterhuysen propose un texte « Global
ICT policy on financing facilities » dans le contexte du Rapport du
TFFM, privilégiant les mécanismes de type multipartenarial, et
comportant le minimum de conditionnalités. Sean O’Sochru me propose pour
intervenir « au nom du Groupe de travail sur le financement et de toute
la SC ». Il ne me reste plus qu’à rédiger le texte ...
Un tour au Sous-Comité Intergouvernemental pour écouter les
contributions des parties prenantes au SMSI sur les mécanismes de
financement Nnenna intervient au nom du Caucus africain et rappelle les
engagements de la Conférence préparatoire d’Accra pour un développement
durable et humain. Il passe entre autres par la formation et
l’infrastructure de réseau. Elle plaide pour un Fonds de solidarité
numérique en faveur des populations, la SC étant associée à sa gestion.
Enfin elle soutient la coopération sous-régionale et régionale telle que
la prévoit le NEPAD et l’AISI.
Au nom du Secteur privé, la BCCI évoque une Société de l’information
centrée sur les personnes. Elle demande un environnement qui attire les
chefs d’entreprise et stimule les investissements en abaissant les
risques, conformément aux recommandations du Rapport du TFFM, afin de
faire du Sommet de Tunis une réussite.
M.Hamadoun Touré intervient ensuite au nom de l’UIT pour féliciter les
contributeurs du Rapport du TFFM ... dont l’UIT, qui « y a été très
active ». Il relève que les TIC constituent une voie efficace pour
atteindre les objectifs de développement du Millénaire (MDG). En effet,
la création d’un secteur puissant des TIC est générateur d’emplois et de
richesses tout en offrant des services au coût le plus faible. Le
Rapport donne un éclairage nouveau (sic) pour le financement, soit en
concurrence, soit en complémentarité. Il perçoit un nouvel esprit pour
le financement de la SI et note que personne ne conteste le marché.
Toutefois, sans le partenariat multiparti les possibilités sont
limitées. Quant à la réalisation des infrastructures elle pourrait
bénéficier d’offres de prêt avantageux car les TIC constituent
maintenant un secteur en tant que tel pour les institutions financières
internationales. En outre, les politiques en faveur du service universel
ouvrent un autre domaine important. Il rappelle les compétences et
l’expertise de l’UIT ainsi que ses capacités pour construire des
partenariats.
M Waled Khan, le successeur de Philippe Quéau à l’UNESCO, se réfère
ensuite au §5c du Rapport du TFFM dont il relève l’initiative soutenue
par la Suisse en Afrique de l’Ouest, et l’importance de la connectivité
qui ne doit cependant pas faire oublier celle des contenus. Tout
mécanisme de financement doit comporter un programme de formation. Il
faut par ailleurs accroître la coopération entre les agences des NU dans
un programme « Information pour tous » qui accompagne les projets TIC.
Enfin, la collecte des fonds doit inclure les mécanismes de microcrédit.
Bruno Lanvin intervient pour la Banque Mondiale intervient (en anglais
...), réaffirme l’engagement de celle-ci dans le SMSI et en vante la
compétence (NdR : c’est curieux comme ces institutions -l’UIT, la BM-
ont besoin de faire la pub pour leur compétence ...) Pour lui, les TIC
sont la clé du développement. Il note des signes encourageants comme la
meilleure inclusion des pauvres, les partenariats publics-privés (un
grand axe, un rôle clé), la Réunion préparatoire d’Accra (les TIC au
cœur du développement, la BM accorde une attention importante à
l’Afrique), les Réunions thématiques du SMSI (mobilisation rapide), et
... le Rapport du TFFM qui indique tous les canaux pour élargir l’accès
aux TIC. NdR : Bref, pour la BM « tout baigne » ...
La réunion rituelle du groupe C&T de la SC de ce jeudi soir rassemble...
7 participants. Discussion sur les interventions en SC
intergouvernemental demain pendant le quart d’heure quotidien accordé à
la SC. Il faut dégager les positions de la SC par rapport au document du
Groupe des Amis du Président : c’est l’affaire des Caucus. (NdR : c’est
une manière peu démocratique pour éviter les débats à la SC car en
première phase du SMSI c’était au sein de la Plénière de la SC que ses
positions ont été dégagées). Compte tenu de la participation restreinte,
l’option « pas d’intervention de la SC » est envisagée. Djilali
Benamrane qui préside le groupe de travail de la SC sur le financement
et qui vient de rejoindre le PrepCom, s’insurge sur les écrits sur les
problèmes de financement qui n’ont pas été soumis au GT avant leur
parution. Chantal Peyer demande que le financement fasse l’objet d’une
présentation demain, mais Djilali objecte que le GT devra d’abord
élaborer un texte. Anitha me propose pour comme orateur ; je la remercie
mais je refuse de « colmater la brèche » alors que par deux fois j’avais
été proposé par la SC (Conférence de presse et C&T hier soir) et
finalement remplacé sans égards. Le Caucus Genre se déclare prêt à
intervenir sur le financement ; je propose que son texte soit soumis
avant intervention demain en Plénière de la SC.
Réunion plénière de la SC, vendredi matin 18 février. Compte rendu de la
réunion du Bureau de la SC (BSC) : élection de deux modérateurs ( ?) qui
assureront la liaison entre le BSC et le Bureau intergouvernemental.
Sans surprise ce sont Renate Bloem (CONGO) et Ramin Kaweh (NGLS).
Réunion entre les deux Bureaux : propositions pour rendre plus vivants
et intéressants les débats. Discussion sur les thèmes des documents à
distribuer. Il est précisé que les modérateurs n’ont qu’un rôle de
faciliteurs des contacts entre Bureaux ... Une déléguée de l’Inde
rappelle les événements dans divers pays d’Asie du Sud-Est et d’Afrique
pour demander que la Gouvernance de l’Internet prenne fortement en
compte la problématique des droits de l’Homme. Divina Frau-Meigs demande
que l’on y ajoute les droits à l’éducation pour lesquels elle exprime
ses préoccupations. Malheureusement aucun représentant de la SC au GT
sur la gouvernance d’Internet (le « ouiguig ») n’est présent pour
inclure ces préoccupations.
Réunion des « Amis du Sud » sur le financement. J’y arrive en plein
discours d’une intervenante tunisienne ... Extrait : « jouissance au
Nord pour alimenter les divergences par rapport à ce qui nous unit
réellement » (...) « le débat politique en Tunisie est inhérent à chaque
pays » (...) « qui attaque la Tunisie, attaque toute l’Afrique ». Me
serai-je trompé de salle ? Non me rassure Anriette qui a du mal à «
recentrer le débat sur l’ordre du jour. Heureusement les délégués
indiens (Parminder, Anitha) sont là pour rappeler le sujet en
discussion. Mais auparavant un délégué africain suggère que l’on change
l’appellation du Groupe. Palabres sur la meilleure formule ... le sujet
financement attendra. On n’arrive pas à la bonne formule, donc une autre
déléguée se demande s’il ne faut pas changer de structure : un Caucus
plutôt qu’un Groupe, et nous voilà repartis en discussions sur les
vertus et tares de l’un ou l’autre. La décision sera prise dans la
prochaine réunion ... Anitha demande que l’on revienne aux problèmes
réels : assurer la prise en compte des problématiques du développement,
piloter le processus. Pour Nnenna il faut que le Sud réfléchisse et
présente sa vue commune et son problème n°1 : le financement. Ensuite :
les actions nécessaires. Une déléguée africaine note que le plus urgent
est de réaliser les réseaux de (télé)communication pour réduire le
déséquilibre flagrant N-S. Il en est de même pour le financement des ONG
du Sud pour combattre ce déséquilibre. Pablo invite alors les présents
(une bonne vingtaine) à participer à la « Panel Discussion » sur les «
Mécanismes de financement vus du Sud » dans l’après-midi.
Le temps d’avaler un sandwich et voici la réunion du Caucus Europe.
C’est un groupe qui prend corps et dont les discussions revêtent un
intérêt croissant. Pour Viola (NGLS) la présidence anglaise ignore ce
qui se passe dans la SC. Le SMSI est un sommet multi-partenarial et donc
différent des autres sommets onusiens. Cependant son déroulement est
routinier par rapport aux problèmes à traiter. Ralf se demande si le
Caucus devrait s’impliquer plus directement dans les plénières
intergouvenementales et rappelle que lors du Sommet de Genève, l’orateur
de la SC Européenne avait été remplacé d’autorité par l’UIT. Divina
rappelle que des points clés ont été définis dans une réunion précédente
qui pourraient faire l’objet d’une présentation à la Plénière de lundi
matin ; elle cite la Directive sur la diversité culturelle d’une part et
les DH en Tunisie d’autre part (lors des accréditations pour le Sommet).
Ralf voit aussi une menace sur les « événements parallèles » lors du
Sommet de Tunis par les « Organisations pas vraiment Non
Gouvernementales » tunisiennes ... L’espace de ces événements sera-t-il
territoire onusien ? se demande Viola. Rikke demande que l’on exige des
repères précis en termes de respects des droits de la SC. Bertrand
suggère que l’on veille aux procédures, que l’on évoque des cas concrets
(par exemple sur le transport de documents) et rappelle l’importance du
suivi du processus après le Sommet de Tunis. CSDPTT se joint aux
craintes exprimées, et soutient les propositions des intervenants pour
les présenter à la Présidence et à la Commission européennes lors de la
rencontre de ce soir.
Mais il faut aussi interpeller les représentants européens sur la
problématique du développement (en rappelant que l’Europe est de loin le
premier donateur mondial en termes d’APD, et que nous souhaiterions un
meilleur relation entre les objectifs du SMSI et ceux du développement
en général. Enfin, il faudrait rappeler à nos responsables européens que
la SC a des idées ... et que l’UE a les moyens : là aussi une plus forte
relation est nécessaire. Olga en revient au Sommet et exprime ses
préoccupations après Hammamet. Il faut dire le Sommet que nous voulons,
plus ouvert encore qu’à Genève si nous voulons que la SC soit présente
en nombre. Rikke demande qu’une liaison directe soit établie entre la
Délégation de l’UE et la SC, aussi bien pour la défense de nos positions
que pour la garantie des libertés d’expression de la SC. Pour Heike,
l’UE a fortement soutenu les DH pendant la 1ère phase du Sommet mais les
a ensuite remisés au profit des « 3P », du développement et de ses
projets e-Europe et e-Ten.
Ce seront donc principalement les problèmes liés à l’accréditation, à la
présence et aux activités de la SC au Sommet de Tunis qui feront l’objet
de la réunion avec les responsables des Institutions européennes de la
soirée.
La Rencontre UE- ONG a lieu à 17 heures dans la Salle XVI. L’UE est
représentée au niveau de la Présidence par l’Ambassadeur du Luxembourg
et la Commission par quelques hauts fonctionnaires des Directions du
Développement et de la Société de l’Information dont J. F. Soupizet.
L’Ambassadeur du Luxembourg introduit la réunion en anglais en omettant
de présenter les représentants des institutions européennes et leur
fonction ce qui nuit un peu à la clarté des débats. Il estime que cette
rencontre entre les ONG et l’UE (à sa demande) était indispensable et
devait faire entendre « d’autres vues, convergentes mais probablement
aussi divergentes ». Il autorise Reporters Sans Frontières (RSF) à
assister à cette rencontre au même titre que les autres ONG et et à y
intervenir, bien qu’elle n’ait pas été accréditée au PrepCom mais est
néanmoins reconnue aux Nations Unies. Il souligne la particularité de ce
Sommet, sa propre dynamique et ajoute que l’UE tente de maintenir le
lien avec les associations depuis le Sommet de Genève. Il ouvre alors la
discussion sur le problèmes et différents et invite à partager nos
préoccupations.
Claudia Padovani expose les sujets que Caucus Européen veut soumettre à
l’UE : le Sommet de Tunis et les demandes de la SC par rapport aux
principes de base de ses droits qui doivent être clairement écrits, la
création d’un organisme de liaison entre l’UE et les ONG, le respect du
choix des orateurs et du contenu des interventions de la SC,
l’éventualité d’une intervention commune UE-ONG sur le thème de
l’éducation et de la diversité culturelle. Elle propose de réfléchir sur
le type de structure de liaison à établir d’ici notre prochaine réunion,
et rappelle que les thèmes aussi importants que les mécanismes de
financement et la gouvernance de l’Internet, pour lesquels la SC a une
incontestable expertise, devraient faire l’objet d’une autre réunion.
L’Ambassadeur évoque le prochain Conseil des Ministres à Bruxelles en
rappelant qu’il est « public et accessible » et qui aura à discuter ces
thèmes importants. La gouvernance Internet lui paraît encore « dans les
limbes » alors que les mécanismes de financement devraient voir une
initiative hollandaise. Il note les questions de la SC transmises par le
Caucus Europe ... mais n’y répond pas directement.
RSF intervient pour présenter son Rapport sur les problèmes des DH en
Tunisie qui signale les poursuites incessantes et les peines de prison
dont sont victimes de nombreux représentants des ONG tunisiennes. Il
rappelle en particulier le sort de Zouhair Yahaoui, animateur du site
Internet Tunezine. Ces problèmes ne sont hélas pas spécifiques à la
Tunisie (Chine, Iran, etc) mais c’est à Tunis que le Sommet a lieu.
L’Ambassadeur remercie RSF pour avoir soulevé ce point important,
d’autant plus d’actualité que nous sommes à l’avant-veille de la
Conférence mondiale sur les droits de l’Homme qui se réunira ici dans ce
Palais.
A Steve Buckley qui rappelle que sa déclaration en Plénière
intergouvernementale, ce qui est inacceptable dans un tel Sommet,
l’Ambassadeur rappelle les conditions contestables sur le plan des
droits du PrepCom de Hammamet et l’intervention du Luxembourg sur ce
point. Le Royaume Uni qui va assurer la présidence de l’UE au deuxième
semestre suivra ces problèmes avec le plus grande attention. Suit alors
un débat qui est perturbé par les divergences tuniso-tunisiens, les
interventions de deux représentants tunisiens défenseurs des DH étant
contestés (souvent avec des arguments d’un goût douteux) par d’autres
²représentants de la « Société civile tunisienne » dont on peut douter
de leur qualification d’Organisation réellement « Non gouvernementales
». On entend toujours cet argument récurrent : « Le sommet de Tunis est
LE Sommet africain ; ceux qui le menacent en attentent donc à l’Afrique
» et « Le SMSI est une idée tunisienne ; le Sommet de Tunis est donc
rien moins que légitime en soi ». A deux reprises, l’Ambassadeur -très
patient et tolérant- interrompt les interventions pour demander que l’on
vienne aux questions en débat.
On revient donc sur les problèmes du Sommet de Tunis sur le plan
organisationnel et des procédures, sur l’extraterritorialité et ses
avantages induits mais à préciser ainsi que sur son extension aux «
événements parallèles », et sur la nécessité d’un groupe de liaison dans
le Bureau de la SC (Bertrand de la Chappelle). Ralf Bendrath rappelle
que la position de l’UE sur la gouvernance de l’Internet « n‘est pas
bonne ; nous pouvons vous aider à l’améliorer ». Il demande la
reconnaissance des groupes de la SC à Bruxelles et une autre réunion
entre la SC et l’UE pour discuter des problèmes spécifiques. Divina
Frau-Meigs demande d’y intégrer les aspects soulevés par le Caucus
Education-Recherche et exprime sa préoccupation sur la Déclaration de
l’UNESCO sur la diversité culturelle ainsi que sur « l’open courseware
». Pour Pape Diouf, l’UE a les pouvoirs pour appuyer les priorités de la
SC pour le Sommet de Tunis. Rappelant que l’UE est le 1er donateur pour
l’Afrique, il demande comment l’UE entend financer la lutte contre la «
fracture numérique ». L’UE soutiendra-t-elle le Fonds de Solidarité
Numérique (FSN) ou proposera-t-elle une alternative. Sur ce point
l’Ambassadeur en réfère à son intervention de la veille en Plénière, où
il a noté des points intéressants dans le Rapport de TFFM. Pour lui le «
fossé numérique » doit être intégré dans le contexte plus vaste des
objectifs du Millénaire (MDG) pour lesquels chaque pays doit dégager ses
priorités et commencer à les mettre en œuvre. Le DSF est toujours en
discussion mais utilisons déjà mieux ce qui existe. Enfin, constatant
que le secteur privé est très dynamique dans le domaine Internet, il
espère qu’il le sera de même pour l’Afrique.
Il résume ensuite les principaux sujets évoqués, demande à la SC de lui
faire parvenir quelques propositions concrètes sur les sujets
préoccupants et donne rendez-vous pour une autre réunion la semaine
prochaine.
Je profite de l’occasion pour discuter « hors micro » avec Jean-François
Soupizet et pour rappeler quelques préoccupations de CSDPTT, notamment
dans deux domaines bien distincts : les accès à créer dans les villages
africains isolés et la réalisation d’une infrastructure régionale
africaine. CSDPTT a des propositions -et aussi des besoins- sur ces
sujets et est prête à les soumettre aux responsables européens qui
voudront bien s’y impliquer. La discussion a rassemblé une demie
douzaine de représentants européens, intéressés par les points soulevés
et les propositions pour les traiter.
La journée (et la première semaine) se termine par la réunion du groupe
C&T de la SC. Elle rassemble une cinquantaine de participants et
commence la discussion sur les §10 et 11 (suivi du SMSI après Tunis) du
chapitre 1 du Document soumis au PrepCom-2 ; un petit groupe élaborera
une cadre de proposition lundi. CSDPTT a transmis au Secrétariat du SMSI
ses propositions sur ce chapitre qui ont été postées en outre sur la
liste de la SC pour information. Allan mentionne que le Caucus «
Diversité culturelle » est « réanimé » ; il travaillera sur le document
de l’UNESCO relatif à la diversité culturelle fourni par Divina. Il
demande un temps de parole sur ce sujet en Plénière
intergouvernementale. Robert Guerra demande des liaisons plus fortes
avec les blocs régionaux et un lobbying plus soutenu. Renate rappelle
qu’il y a eu une réunion « Bureau à Bureau » (« un succès ») qui demande
« des Plénières plus efficaces ». On aimerait savoir ce qui s’est dit
dans cette réunion et ce que les Bureaux entendent par « efficace » :
une SC plus collée aux textes examinés et moins de déclarations et
-surtout- de contestations sur des problèmes de fond (DH, développement,
financement, gouvernance Internet, propriété intellectuelle, diversité
culturelle, ...) ? Tracey souhaite que la SC élabore un document qui
sera publié à la fin de PrepCom-2 et qui donnera une vue claire sur ses
opinions et propositions, y compris sur la Tunisie.
Bloc notes de la première semaine
Cette première semaine offre un bilan mitigé voire décevant. Beaucoup de
temps investi en discussion, une grande agitation -compréhensible et
justifiée- autour des problèmes des respects des libertés et DH en
Tunisie. Mais en même temps un contrôle relativement efficace de la
Tunisie sur la deuxième phase du processus du SMSI. Pour cela, la
Tunisie n’a pas reculé devant la dépense en finançant une « génération
spontanée » d’ON( ?)G et en plaçant ses fidèles aux postes clés : Moncef
Achour (Société civile) au Secrétariat exécutif, Mustapha Masmoudi au
Bureau de la Société Civile, et des intervenants efficaces dans les
Caucus importants et dans les réunions de la SC, y compris pour en
bloquer le fonctionnement lorsque le sujet abordé devient « gênant »
pour la Tunisie. Deuxième constat : le thème du financement est vraiment
le thème dominant de ce PrepCom. Il est cependant dilué dans les
interventions de la SC et « atomisé » dans de nombreux Caucus ou Groupes
de travail, et comme les débats sont les grands absents des réunions «
nouvelle formule » de la SC, tant les plénières que les C&T, il est à
peu près impossible d’avoir une vue de la position de la SC sur ce
problème majeur. Ce qui n’empêche cependant pas qu’elle s’exprime fort
bien sur le sujet, comme CRIS associé à PPP et le Caucus Afrique. Le
Groupe de travail animé par Djilali est entré en lice un peu plus tard
mais a réussi à trouver son rythme et se faire sa place. Une fois de
plus, les syndicats sont les grands absents des discussions et débats.
Seul le DGB est très présent parmi les ONG et même dans la délégation
gouvernementale allemandes, mais il ne s’exprime jamais en tant que
syndicat.
On a officiellement annoncé la présence de plus de 500 membres de la SC
de plus de 200 associations. Mais à au grand maximum, les Plénières de
la SC ont à peine rassemblé 150 participants. Le grand rush sera-t-il la
semaine prochaine ?
Des points positifs cependant : une meilleure écoute à l’expression de
la SC dans les plénières intergouvernementales où un créneau d’un quart
d’heure lui est réservé journellement (soit exactement un
vingt-quatrième de la durée des sessions ...), des réunions de la SC
avec des délégations officielles comme l’UE, l’Allemagne (limité à ses
compatriotes), le Canada et la Suède. On a vu aussi des représentants de
gouvernements dans les réunions ouvertes de la SC.
Autre point positif côté organisation et recherche d’efficacité de la SC
: le Caucus Europe est bien en place et se structure pour des contacts
réguliers avec les institutions européennes. Il est animé par Ralf
Bendrath et Georg Greve (absent de ce PrepCom).
Et puis il y a la chance de rencontrer des interlocuteurs intéressants
qui deviennent sympathiques lors des discussions et finissent par
devenir des amis dans la mesure où l’on se trouve partager les mêmes
idées et respecter la même éthique. J’ai ainsi eu la chance de
rencontrer Bernard Loing avec qui nous avons échangé longuement à la
cafét’ ou dans les couloirs, et présenté nos arguments concordants lors
des réunions de la SC ou de ses groupes de travail. Rencontre fructueuse
aussi avec Gilles Berhault, président de l’ONG ACIDD (Association
Communication et Information pour le Développement Durable), grâce à
Bruno Oudet. Cette association milite dans le même esprit que CSDPTT et
en bien des points ses actions sont complémentaires des nôtres. Nous
avons échangé nos idées sur nos projets respectifs et coordonné notre
approche notamment en termes d’emploi privilégié d’énergies
renouvelables dans les propositions d’accès et d’infrastructure
présentées par CSDPTT. Nous prolongerons cette démarche dans nos
relations avec les institutions européennes avec lesquelles ACIDD a une
solide expérience.
La deuxième semaine du PrepCom commence par la Plénière de la SC le
lundi matin. Une forte délégation tunisienne est déjà à pied d’œuvre.
Va-t-il y avoir de l’ambiance ? Ramin préside. Désormais elle commence à
9 heures car à 8 h 30 il ‘y avait guère de monde la semaine dernière ...
Ramin annonce que le Groupe de travail sur les méthodes de travail
planche sur le problème d’échange d’information interne à la SC. Bruno
Oudet se demande où ont lieu désormais les débats indispensables de la
SC puisqu’ils sont bannis de la Plénière. Au nom de CSDPTT j’enchaîne
sur ce constat en rappelant mes interpellations de la semaine dernière
de débats nécessaires pour définir les orientations de la SC et éviter
un délitement des positions dans des caucus multipliés. Voilà une tâche
prioritaire pour le GT sur les méthodes de travail ! Ramin en convient
et pense que le débat peut avoir lieu au groupe C&T (NdR : cela n’est
pas sa fonction et Ramin inverse les rôles !). Suit le compte-rendu du
Bureau de la SC qui fait état de la rencontre avec le Bureau
intergouvernemental lors de laquelle un projet de document pour le
Sommet a été élaboré (à consulter sur la liste). En outre le BSC
travaille sur la charte de la SC et des outils coopératifs pour les
présentations de thèmes lors des réunions des différents groupes et
caucus. Enfin différents problèmes ont été soumis au BSC (blocages,
exclusions, ...) concernant le Caucus des droits de l’Homme (NdR : c’est
évidemment Meryem qui est visée par la coalition des organisations non
vraiment non gouvernementales tunisiennes qui disposent au BSC d’autant
de relais), le GT sur les mécanismes financiers (NdR : qui y a commis
quoi ?) et le Caucus sur la gouvernance Internet. Voilà donc des
accusations dont on ne connaîtra pas de détail. Curieuse transparence
dans la SC ! Aussitôt une représentante tunisienne demande que l’on
adapte la charte de la SC en conséquence et que l’on rappelle les Caucus
« qui excluent » respecter la souveraineté des Etats (NdR : ou lus
exactement, se conformer à la norme tunisienne ?).
Au nom du groupe C&T, Rik rappelle les orateurs de la journée qui
évoqueront en plénière intergouvernementale la gouvernance de l’Internet
(Francis Muguet) et le suivi du SMSI après Tunis (Bertrand de la
Chapelle). S’agissant de la mise en œuvre du Plan d’action au niveau
national, Nnenna demande que les Caucus accordent une plus grande
importance au niveau de base (« grassroot level »).
Wolfgang Kleinwächter évoque les deux réunions « fermées » du WGIG et
rappelle que les consultations sont ouvertes sur les sujets « chauds ».
Il souligne « le bon climat » dans l’expression des positions. Mais le
problème clé est la position, pas toujours claire, des Etats-Unis. Ainsi
sur l’ICANN dont le mandat prend fin en 2006 sans que l’on entrevoie la
suite. La constitution de l’ICANN -et le rôle des EU et de l’OMC- sont
donc critiques. Un rapport intermédiaire devrait être disponible en
avril. Les conclusions seront présentées en septembre. On laisse donc
les problèmes les plus chauds en instance. Je rappelle alors que ce WGIG
a au moins un mérite : la SC y est présente et maîtrise bien les
problèmes. Elle arrive donc à énoncer, et probablement à faire admettre,
quelques unes de ses propositions. Sur un sujet de la même importance,
les mécanismes de financement des TIC pour le développement, le TFFM a
exclu la SC d’un travail en partenariat et a été une réelle faillite,
dénoncée vendredi dernier par un grand nombre de pays en développement
dans le Sous comité intergouvernemental. Bertrand partage entièrement
mon point de vue et rappelle que la discussion sur les mécanismes de
financement devrait se terminer aujourd’hui. Nnenna est « désolée pour
Jean-Louis » car il y a trop de discussions en français et de
divergences (Nota : elle fait allusion à la liste du Groupe de travail
sur les mécanismes de financement qu’anime Djilali). Elle se sent donc
exclue (NdR : alors qu’elle est francophone et soigne particulièrement
son anglais). « Il y a problème » conclut-elle avec son assurance
coutumière. Voilà au moins un mystère du Bureau (des plaintes) de la SC
éclairci. Ceci étant Nnenna se trompe de cible pour au moins trois
raisons : (1) je m’étais opposé à la création de cette liste «
francophone » constituée au départ par Djilali et Francis Muguet, (2) je
ne suis pas le responsable de cette liste, et (3) Djilali exprime
souvent ses divergences sur la liste, or il est absent et ne nous
rejoint que mardi ou mercredi ; c’est donc à lui qu’elle devra adresser
ses frustrations. Sean O’Sochru rappelle la réunion informelle organisée
par iTeM, CRIS et PPP pour suggérer un texte spécifique sur les
problèmes du financement à lire devant les gouvernements. Il faut
profiter des temps de parole et faire du lobbying. Voilà donc « l’autre
» groupe de travail sur les problèmes de financement ... décidément la
SC a beaucoup de ressources, non financières ! Le Caucus Afrique «
remercie Jean-louis » pour sa participation active aux groupes de
travail africains et ses contributions sur les mécanismes financiers. Il
souligne l’importance de la participation des ONG africaines dans la
phase finale du SMSI. En outre, l’Afrique doit être présente dans la
gestion et la mise en œuvre des ressources du FSN. Enfin, le Caucus
Afrique fera une déclaration sur les mécanismes financiers en plénière
intergouvernementale. Alan qui anime le Caucus diversité culturelle
mentionne les amendements qui seront apportés au document des Amis du
Président et qui seront présentés en plénière intergouvernementale.
Bernard Loing intervient au nom du Caucus éducation pour signaler qu’il
élabore un document « long » reprenant l’ensemble des contributions des
différents groupes de travail et un document « court » sur la
gouvernance Internet et les mécanismes de financement (MF). S’agissant
des relations entre l’éducation et les MF, il fait appel aux
contributions. Quant à l’Opencourseware il rappelle la Nouvelle Charte
internationale des chercheurs sur le partage des savoirs. Bertrand
signale que le projet de l’intervention en plénière est diffusé ; il
reprend l’essentiel du document sur le suivi du Sommet de Tunis. La SC
est invitée à participer à la définition des mécanismes financiers. Il
mentionne le document du groupe des Amis du Président qui prône les
groupes thématiques multi-acteurs. Il signale enfin les incertitudes qui
planent sur les mécanismes de suivi du SMSI.
Je rappelle que la communication de la SC quelle qu’en soit sa
destination, devrait être présentée d’abord à la Plénière de la SC, même
sous forme provisoire ou d’esquisse rappelant les points essentiels,
avant d’être exposée en public. On contribue ainsi à un réel débat et on
peut enrichir sa communication. Bertrand rappelle la réunion de « Global
Alliance concept » qui est soutenu par l’UNICT Task Force et semble un
mécanisme de suivi approprié pour « l’après-Sommet ». NdR : ce qui
n’empêche pas ce « concept » d’être au mieux fumeux, au pire un piège
pour la SC. La séance finit à 10 heures. La salle était pleine ; j’ai
compté environ 120 participants.
La SC est ensuite invitée à une « Panel Session » sur le sujet «
Financement de la Société de l’Information du Sud ». C’est encore une de
ces séances académiques avec estrade et « powerpoint ». Mais son contenu
est intéressant. Dommage qu’il soit exposé trop rapidement et -bien sûr-
la traduction ne suit pas. Mais Fernando Prada (ITeM) nous rassure : la
présentation est visible sur le site www.wsispapers.choike.org. En outre
j’ai pu me procurer le document imprimé qui fait 35 pages sous le titre
« Mécanismes de financement de la société de l’information dans une
perspective de bien publics globaux » sur lequel s’appuie sa
présentation. La version française souffre cependant d’une approximation
regrettable. Je résume très sommairement l’intervention, mes notes étant
difficilement « interprêtables » vu le rythme de l’exposé. Fernando
propose une vision systémique de la SI qu’il associe au concept de Bien
Public Global (BPG, généralement traduit en français par Bien Public à
l’Echelle Mondiale ou BPEM). Sa présentation est en trois parties : (1)
Le cadre conceptuel : Bien public mondial come système idéalisé - (2)
Société de l’Information : une « déconstruction » du BPG - (3)
Exploration de stratégies de financement pour la SI. C’est évidemment
cette partie qui devrait proposer des solutions innovantes car elle part
d’un concept innovant (SI = BPG). Que nous propose Fernando pour
financer l’infrastructure, c’est-à-dire « le gros morceau » ? «
Internaliser les externalités », la question étant « jusqu’où ? ». La
mise en place des mécanismes de financement nécessaires implique une
pression en direction d’un impôt global d’une part et d’une action sur
les capacités financières internationales. C’est seulement en cas
d’échec qu’on aura recours à la palette de mécanismes financiers
classiques, mal ou incomplètement utilisés. Quant à l’application des
divers mécanismes, il distingue trois types de pays en fonction des
revenus. Ainsi les pays à revenus élevés ont-ils recours aux mécanismes
classiques, les pays à revenus moyens aux mécanismes multilatéraux, et
les pays à revenu faible aux donneurs (mécanismes bilatéraux) et
mécanismes multilatéraux. Il conclut en déclarant que l’approche BPG
correspond le mieux à la SI (dont il ne met pas en doute l’unicité du
modèle !), en même temps qu’elle permet l’étude d’une série de
financements, (relativement bien documentée). Cependantdéclarer qu’un
bien est un BPG constitue seulement le premier pas pour sa distribution.
Chaque composante de la SI a ses propres défis et seule une vision
systémique évite des solutions partielles pour la SI. Le SMSI constitue
un lieu privilégié de discussion de ces points de vue et « permet que la
plus grande partie de la population mondiale puisse appartenir à la
Société de l’information et bénéficier de ses apports.
Je crains n’avoir retenu que quelques « passages en clair » de cet
exposé magistral, en béotien que je suis. J’espère seulement que la
trentaine de participants ont mieux profité que moi de cette
présentation ... Suit alors la présentation de Willie Currie « Financer
les TIC en focalisant sur l’Afrique sub-Saharienne ». Il s’appuie sur
deux documents (Montevideo et ???). Un aspect majeur de cette 2ème phase
est qu’elle a permis au concept BPG pour les TIC de percer
véritablement. Il mentionne les externalités positives dans les
relations entre la SI et l’économie de réseau ; celle-ci croît si le
nombre d’utilisateurs croît. C’est cet aspect de base qui est
généralement peu compris. L’obstacle est qu’il faille payer pour être
connecté, et les pauvres paient plus cher. En Afrique Sub-Saharienne il
y en a plus de 320 millions. Conclusion logique : « laissez faire le
marché » n’a pas marché en Afrique, le secteur privé l’a écrémé. Alors
comment financer ce que nous estimons un BPG ? Par l’APD, mais elle est
en baisse et les gouvernements ont leurs propres priorités. Par des
fonds volontaires alimentés par les taxes ? Mais il y a déjà « trop » de
taxes. Et certains gouvernements crient « pas de taxes ». Cependant il y
a bien Kyoto ... Alors la taxation n’est pas complètement à exclure.
Commentaires sur ces deux documents. Le point essentiel est l’importance
du financement en fait une sorte de droit. L’accès à l’information =
accès à la connaissance ; c’est un droit humain d’autant plus qu’il est
un outil du développement. Les mécanismes de financement suffisent-il ?
Selon le Rapport du TFFM, oui mais utilisez-les mieux. Ce sont les
pauvres qui ont besoin d’un maximum de ressources pour accéder aux TIC.
Et la « dollar fatigue » oblige à recourir à des fonds supplémentaires,
tels que les FFI (Facilité Financière Internationale) proposés par la
Grande Bretagne, l’augmentation de l’APD voire son doublement, les taxes
internationales qui ne sont plus un tabou, les taxes sur les équipements
.... Et il y a u fonds de plus, le FSN, qui doit combler le fossé
numérique et contribuer à satisfaire les objectifs de développement du
Millénaire. Les droits de propriété intellectuelle (IPR) sont
primordiaux par rapport aux problèmes de financement, ils sont
contraignants mais sont orientés en faveur des
constructeurs/concepteurs. Leur tendance est contradictoire : baisse
pour les matériels, hausse pour les logiciels. Ils sont donc un problème
supplémentaire pour les PeD. Ce point n’a pas été assez traité au SMSI.
Lors de la discussion ouverte, Raoul Weiler (Club de Rome) a signalé que
le microcrédit a été utilisé avec succès et que la suggestion du « PC à
100 $ » émise au WEF, combinée avec des communications satellitaires
très bon marché, constituent une possibilité supplémentaire. Sean
O’Sochru répond que le microcrédit n’est pas facilement reproductible
surtout lorsqu’il faut un réseau et pas seulement des portables. Quant
au copyright il a été exclu du SMSI alors qu’il est pris en
considération à l’UNESCO. Un représentant d’Amérique Latine rappelle que
60% de la population n’a pas d’accès au téléphone ni à l’électricité et
ce n’est pas l’accès aux TIC qui les sortira de la pauvreté : il faut
leur apprendre à se servir de ces outils. Quant au financement il
constate les énormes bénéfices du secteur des TIC et rappelle que la
Taxe Tobin en est aussi un élément. Un représentant tunisien est
angoissé en constatant les besoins d’investissement en infrastructure
pour les millions d’africains et doute que le Secteur privé s’y
intéresse, faute de retour « suffisant » de profits dans les PeD. Le
microcrédit connaît des succès en Tunisie. Il y a aussi le Fonds Mondial
de Solidarité adopté par l’ONU et le Fonds de Solidarité Numérique. Il
craint néanmoins que le monde industrialisé se développe alors que les
PeD stagnent au mieux, d’où leur marginalisation. Pour Chantal Peyer il
faut absolument lier la dissémination des TIC avec les objectifs du
Millénaire. C’est dans cette relation que les TIC participent au
développement. Elle pense que les mécanismes classiques existants
constitueront le gros des investissements, alors que le FSN doit jouer
son rôle dans la complémentarité. Le Panel répond à ces questions. Le
marché est insuffisant, les satellites posent problème du fait de leur
capacité limitée. Les objectifs du Millénaire et la dissémination des
TIC : les gouvernements ont d’autres priorités. L’APD ? Généralement le
secteur public finance les infrastructures. Il y a les BPG qui offrent
une nouvelle perspective dans l’approche du financement. Un représentant
africain note avec réalisme et humour que mettre un téléphone dans
chaque village est une bonne réponse car il offre des applications
utiles ; alors qu’un PC par village pour recevoir de images
hollywoodiennes ou télécharger des chansons américaines ne va guère
contribuer à son développement. Ce sera le mot de la fin de cette
session qui aurait pu être encore plus intéressante en étant moins
académique.
Le Sous-Comité intergouvernemental présidé par Madame l’ambassadrice de
l’Argentine, examine les § 10 et 11 du chapitre 1 (« donc le cœur même
du document » selon la présidente), c’est-à-dire la thématique du suivi
du SMSI, ou « l’après-Tunis ». Je transcris dans ce qui suit les
interventions des participants pour donner au lecteur une idée du débat
entre 150 gouvernements sur un document qui doit être suffisamment
consensuel (ou ambigu) pour être approuvé solennellement par les 180
chefs d’Etat ou de gouvernement au Sommet de Tunis.
La Russie rappelle l’importance des statistiques (pour le suivi de la
mise en œuvre du Plan d’action) et approuve le texte à condition que ce
soit l’UIT qui assure la maintenance de la Base de données. Elle demande
de mieux identifier les actions à coordonner. L’Ouganda demande que
l’UIT soit désignée comme coordinateur car l’action est à long terme ce
qui correspond à ses fonctions, ce que soutient aussi la Guinée et le
Kenya. Il faut cependant y ajouter d’autres parties prenantes. L’Iran
propose de même l’UIT et y ajoute le PNUD « pour son expérience ». Le
Salvador, très actif dans les débats du SMSI tout comme le Brésil
demande plutôt un « chef ‘équipe » pour coordonner les actions car il
s’agit d’un véritable travail d’équipe. Le Canada s’étonne que le § est
encore entre crochets (NdR : donc il n’y a pas consensus) alors que le
caractère pluripartite est un fait acquis. Il recommande un mécanisme de
coordination et une institution adéquate car les opérations à effectuer
au titre du Plan d’action concernent plusieurs agences spécialisées (NdR
: comme l’UNESCO, le PNUD, l’ONUDI, l’OMS etc ). Il craint qu’une agence
unique soit un risque de blocage de l’action et propose plutôt un
rapport régulier au Conseil des Nations Unies. La Suisse propose de
rédiger un nouveau § 10 qui reprend les questions déjà traitées au
Sommet de Genève et demande qu’une mise en garde soit adressée aux pays
qui ne respecteraient pas les règles admises (NdR : voilà enfin une
forte parole !). Le Mali demande que la Commission Régionale de l’ONU
joue un rôle dans les deux § et qu’elle soit impliquée dans les
mécanismes de suivi du Sommet. La Russie intervient encore pour
souligner le rôle de coordinateur « historiquement justifié » de l’UIT
et aussi parce qu’elle « est à l’avant-garde » (NdR : cet excès de zèle
est révélateur, la Russie occupant quelques bonnes places à l’UIT, dont
la tête de l’important Secteur des Radiocommunications). Elle est
d’accord avec le Canada pour supprimer les crochets et propose un seul §
soulignant le rôle de l’UIT comme coordonnateur du Plan d’action. Il
propose qu’une annexe rappelle toutes les lignes d’action qui relèvent
de ce coordonnateur, dont le rôle est de préparer les rapports d’étape
et le les rapport spéciaux sur des programmes précis.
Le Luxembourg intervient ensuite pour l’UE dont il assure la présidence.
Il rappelle la contribution de l’UE au Groupe des Amis du Président sur
le § 11 et les différents mécanismes de suivi. Il réitère ces
propositions en rappelant pour le § 10 l’implication du système des
Nations unies et pour le § 29 celle de l’Assemblée générale des Nations
unies dans le suivi du SMSI. Il demande de ne pas créer une nouvelle
agence à cette fin. Les Etats-Unis sont « très inquiets » par rapport
aux § 10 et 11 car ils comportent beaucoup d’incidences. Il approuve le
Canada pour dire qu’il existe déjà un mécanisme de suivi au Nations
Unies sur Monterrey, et le Secrétaire général, en collaboration avec ses
représentants, peut assurer un suivi continu devant l’Assemblée
générale. Il note que d’autres parties prenantes ont u rôle à jouer : la
SC, le Secteur privé, les ONG. Quant au suivi il propose que les organes
et agences du système des NU inscrivent dans leur programme les actions
décidées par le SMSI qui relèvent de leur domaine. Le Japon est d’accord
avec le contenu des deux § quant à la mise en œuvre du Plan d’action
mais note que ces deux § seraient mieux dans le chapitre 4 (NdR : dont
le titre est précisément le Suivi du SMSI). Le Nigéria estime que les §
10 et 11 sont la clé du succès du processus du SMSI et demande que le §
10 spécifie un « organe de coordination central qui ne peut être que
l’UIT ». Le Saint Siège estime que l’organisme de coordination n’est pas
suffisant. Cette assemblée qui a élaboré le Plan d’action est la mieux
placée. Il recommande donc d’organiser un « SMSI+5 » et un « SMSI+10 » à
l’instar de « Beijing+5 » et « Beijing+10 » (NdR : comme quoi les « voix
» du Seigneurs ne sont pas si impénétrables ...). Le Brésil estime que
le § 10 doit se fonder sur la coopération entre gouvernements et parties
prenantes, et que le § 11 précise que l’organisme de coordination est
l’UIT. L’Inde « en remet une couche » en se disant fort surprise de voir
qu’un processus initié dès 1998 par l’UIT (NdR : la Plénipo de l’UIT
avait alors recommandé la réunion d’un Sommet sur la société de
l’information sur une proposition de la Tunisie) puisse lui échapper car
« aucune autre organisation des NU est aussi qualifiée technologiquement
que l’UIT ». Elle exclut donc toute autre agence pour ce rôle (NdR :
dans son zèle l’Inde se prend les pieds dans le tapis car elle précise
bien la qualification « technologique » de l’UIT ; or, il se trouve que
la problématique sociétale est au moins aussi importante et dans
celle-ci l’UIT y est absolument incompétente). Si l’UNESCO est
compétente dans le domaine de l’information, l’UIT l’est pour l’accès.
D’autres organisations des NU tentent de contourner l’UIT ( !) mais pour
l’Inde, la coordination ne doit échapper à l’UIT qui devrait recevoir
les rapports des autres agences et présenter la synthèse au Secrétaire
général. Le Ghana rappelle que la Conférence préparatoire africaine qui
s’est tenue dans sa capitale a mis en priorité le renforcement des
capacités sur le plan national, sous-régional et régional. Il est «
capital » que l’UIT soit le coordonnateur. La Commission Economique pour
l’Afrique devrait coordonner le travail au niveau régional. Le Burkina
Faso soutient le Ghana et demande d’imposer une périodicité annuelle
pour la présentation du rapport d’avancement. Le SMSI devrait suivre
l’exemple du Sommet du Développement Durable (NdR : Le Sommet de
Jo’burg) qui prévoit les étapes +5 et +10.
L’Australie ne veut pas de structure lourde onusienne et se déclare
d’accord avec les USA, l’UE et le Canada. Le SMSI doit s’inscrire dans
le système des NU. L’Algérie (en anglais !) serait heureuse d’entendre
la réaction de l’UIT à ces propos. La mise en œuvre du Plan d’action et
le suivi est-il du rôle des Etats avec le concours des organisations
régionales ? Le Secrétaire général de l’UIT, M. Utsumi, répond que la
mise en œuvre du Plan d’action contient 11 rubriques, 3 questions
supplémentaires étant relatives à l’évaluation et au suivi. Il faut donc
une organisation de coordination, aussi lieu d’échange et d’expérience,
qu’elle soit modérateur ou coordinateur importe peu. L’UIT peut modérer
4 ou 5 sujets comme l’infrastructure, le renforcement de capacités (NdR
: grâce a ses partenariats avec Cisco et l’USTTI, donc strictement
privatisé et américanisé) et la création d’un environnement favorable
(NdR : notamment dans le domaine réglementaire par l’ouverture à la
concurrence), mais difficilement dans le domaine de la santé (e-health).
L’UIT est familiarisée avec le multipartenariat et est donc en bonne
position. L’UIT est capable d’assumer son rôle « sans demander beaucoup
plus de moyens ».
Cette déclaration de Monsieur Utsumi mérite deux commentaires, dont le
premier sur le fond. En effet, il justifie sa capacité de «
coordonnateur » par le fait que « l’UIT est familiarisée avec le
multipartenariat. S’il est vrai que, parmi toutes les organisations
onusiennes, l’UIT est la seule à admettre comme membres les entités du
secteur privé qui vont jusqu’à façonner son organisation, elle est aussi
la seule qui a toujours refusé la moindre place à la Société civile ! On
se souviendra que dès le début du processus du SMSI, CSDPTT avait
demandé cette ouverture de l’UIT qui devait aussi lui permettre une
réflexion sur son retour à ses fonctions essentielles et conformes à sa
Constitution. La SC a été bien timide pour ne pas dire réticente à
s’associer à cette démarche. Si l’UIT devait être désignée pour être le
coordonnateur du suivi du SMSI, et en respect avec l’engagement des NU
sur le principe du multipartenariat dans son processus, l’inclusion en
tant que membre de l’UIT de la SC à égalité des droits de participation
à ses décisions doit être un prérequis.
L’autre commentaire porte sur l’incidence de cette charge supplémentaire
que constitue la coordination du suivi du SMSI. L’état catastrophique de
l’UIT sur le plan financier qui l’a obligée à licencier le dixième de
son personnel, est de mauvaise augure pour l’accomplissement sérieux de
cette tâche capitale comme l’ont souligné de nombreux intervenants. Il
est donc primordial que l’UIT procède à l’évaluation objective et
sérieuse en moyens humains -et donc financiers- supplémentaires qui lui
permettent de remplir ce mandat « capital » qui lui serait confié. Cette
évaluation implique une réflexion approfondie sur une meilleure
adéquation de son organisation qui ne saurait exclure la participation
de la SC comme partenaire constructif.
En affirmant que l’UIT peut accomplir ce rôle supplémentaire « sans
demander beaucoup de moyens supplémentaires » M. Utsumi exclut
péremptoirement ces exigences et donc contrevient gravement au principe
même de multipartenariat promu par l’ONU dans ce processus du SMSI. Il
prive aussi l’UIT d’une occasion exceptionnellement favorable pour
réfléchir sur son évolution future.
L’Egypte est perplexe ; le § 11 stipule un organisme de coordination et
le § 29 désigne clairement le secrétaire général des NU. Il faut donc
étudier davantage les possibilités avant de prendre une décision. Le
Salvador est d’accord avec l’UE. Il y a cependant plus de questions que
de réponses et une cinquième possibilité consisterait à confier la tâche
du suivi au Secrétariat exécutif car pour le moment nous ne sommes pas
en mesure de prendre une décision. L’Afrique du Sud approuve l’Egypte :
il faut prendre plus de temps pour étudier ce § qui combine différentes
démarches. Il faut un coordonnateur mais pas uniquement l’UIT car la
tâche est immense. Il faut des priorités, des dates butoirs, qui doivent
trouver leur place dans le § 10 bien trop vague dans sa rédaction
actuelle. Il faut donc revenir sur cette question (NdR sage contribution
du « grand frère africain »). La Présidente promet de revenir sur ce
sujet mercredi lorsqu’on abordera la rédaction et confie au Bureau
l’examen des § en débat. Le secrétariat annonce les réunions des «
groupes ad hoc » qui seront « ouverts » (NdR : présence muette possible
de la SC).
Le débat se poursuit avec l’intervention du Malawi selon qui l’UIT est
compétente pour assurer le mandat. Il y a cependant un problème : les
membres de l’UIt ne sont pas tous membres des NU. Le Pakistan comme
Haïti appuient l’UIT. La RD du Congo aussi, en soutenant la proposition
du Ghana d’associer les organisations régionales. Le président su
PrepCom, M.Karklins, intervient pour la Lithuanie en saluant ce débat
très riche sur la mise en œuvre du Plan d’action du SMSI. Le Groupe des
Amis du Président a distingué la mise en œuvre (confiée aux agence des
NU concernées car il s’agit d’un processus opérationnel) et le suivi
(plus politique et en liens forts avec les objectifs du Millénaire). Il
demande à l’assemblée de faire cette distinction. La présidente demande
si le représentant du Secrétaire général des NU est dans la salle et
confie à ECOSOC l’examen du rapport qui lui sera transmis pour consultation.
L’Iran estime que la mise en œuvre est une tâche immense et complexe et
choisit l’UIT pour le suivi tout en assurant qu’une structure
particulière est nécessaire. Le Plan d’action de Genève sera adopté à
Tunis (NdR : non, car il a été adopté ... à Genève). Il compote onze
sections et constitue un travail pluridisciplinaire. Il doit rester dans
le cadre des NU. Comme une nouvelle organisation est problématique, il
faut revoir la structure actuelle de l’UIT (NdR : l’Iran serait-il un «
sous-marin » de CSDPTT ?). Remerciant M. Utsumi, il lui demande ce qu’il
entend par « adapter son organisation » pour cette tâche. En réponse le
Secrétaire général du SMSI et de l’UIT consultera le Conseil
d’administration et le HLSOC pour organiser une réunion. Il évoque onze
modérateurs et un coordinateur/médiateur qui centralise les actions. Il
y aura ensuite une réunion avec chacun des onze partenaires pour la mise
en œuvre. Le HLSOC coordonnera au niveau du Secrétaire général des NU.
Le Secrétariat exécutif préparera la réunion à laquelle participeront
les modérateurs des onze groupes. Il donnera des informations
complémentaires ultérieurement.
Fin de séance à 18 heures. Il faut rapidement enfiler la série de
couloirs et d’escaliers pour ne pas être en retard à la réunion du
groupe C&T de la SC qui terminera la journée.
J’arrive juste à la distribution des temps de parole pour la semaine.
Tracey préside. Renate (CONGO) signale qu’elle a été désignée par le BSC
pour rencontrer M. Utsumi et Karklins sur l’expression de nos groupes et
les thèmes qu’ils doivent exposer en compatibilité avec le sujet du jour
du Sous-comité intergouvenemental (SCI). Il faudra donc essayer de
suivre le rythme d’avancement du SCI ce qui signifie que nous devons
rédiger nos contributions dès maintenant sur le Chapitre 2 (mécanismes
financiers). Sachant qu’aujourd’hui on en était au chapitre 1, celui-là
sera probablement à l’affiche demain. Puis il y aura le « Chapeau
politique » et le Chapitre 4 (Suivi). Jeudi ce sera le tour de la
gouvernance de l’Internet et vendredi « le chemin en avant ». En marge
des sessions du SCI il y aura des réunions des groupes « ad hoc », en
particulier celui sur le § 23. Il faut prévoir les temps de parole pour
demain sur les mécanismes financiers pour lesquels sont inscrits le
Media Caucus, le Caucus Droits de l’enfant (sic) (NdR : une « ONG
tunsienne de 2ème génération » apparue à ce PrepCom ; pourquoi à Société
de l’information et non à l’UNICEF ?), et le Caucus « Grass-roots » (ONG
indienne animée par des femmes et très active sur le terrain comme le
dit son titre). Tracey rappelle que les présentations doivent porter sur
les problèmes de financement. Je m’inscris comme orateur pour mercredi
pour présenter une contribution de CSDPTT sur le financement des
infrastructures africaines. Tracey suggère de me concerter avec le
Caucus Afrique ce qui ne pose pas problème compte tenu des bonnes
relations entre CSDPTT et les participants africains au SMSI. Les Caucus
DH et « Handicapés » complèteront les temps de parole de la SC mercredi
en plénière SCI.
Ralf suggère de ne pas présenter nos chartes mais de contribuer au
document en examen par une proposition de texte. J’exprime ma réserve en
observant que nous ne devons pas nous laisser enfermer dans la
dialectique intergouvernementale. Robert propose une conférence de
presse de la SC clôturant le PrepCom. Alan au nom du Caucus Diversité
culturelle demande un temps de parole pour jeudi pour une déclaration en
rapport avec les problèmes de financement. Son texte sera prêt demain
soir. Un autre Caucus intervient pour évoquer la réduction de la «
fracture numérique » au quotidien par l’usage de logiciels libres (LL)
et un accès plus large aux NTIC. Une réunion est prévue mercredi pour
élaborer une déclaration officielle qui mentionnera notamment que
l’usage de LL réduit de plus d’un quart les coûts d’utilisation. Bruno
Salgues (Caucus Edu - groupe des Ecoles de télécoms) se propose
d’intervenir jeudi sur le « Chapeau politique » et en relation avec le
financement. Renate encourage les membres de la SC à participer aux
Sous-groupes de rédaction lors des négociations sur le texte. Ils sont
ouverts à tous. Les textes proposés peuvent être soumis au SCI. Tracey
demande un effort pour faire des comptes-rendus systématiques («
monitoring ») des séances du SCI, que Robert Guerra voudrait plus «
réactifs » comme lors de la 1ère phase du SMSI. Jane, qui a assuré le
monitoring d’aujourd’hui, signale que la 1ère partie du SCI était
consacrée aux fonds et mécanismes sur la base volontaire et annonce que
le FSN sera lancé à Genève le 14 mars. La 2ème partie était consacrée au
suivi du SMSI (voir ci-dessus). Tracey souhaite que 4 membres de la SC
se mobilisent quotidiennement pour le monitoring qui informe la SC sur
le déroulement des discussions intergouvernementales. Adam Peake (APC)
demande que le Caucus Gouvernance de l’Internet dispose d’un temps de
parole lors du SCI de jeudi consacré à ce thème. Comme sept autres
Caucus ont proposé d’intervenir sur ce thème une réunion est fixée pour
mercredi pour coordonner les interventions de la SC ; Divina (Caucus
Edu) demande à s’y joindre. Tracey récapitule les interventions de la SC
en SCI et demande les textes « à l’heure » afin d’en informer les
participants.
Ce mardi la matinée commence comme toujours par la Plénière de la SC qui
réunit environ 80 participants. Après une séquence de désignation de la
présidence elle commence par le rapport des divers groupes de la SC.
Ramin Kaweh (NGLS) rend compte du BSC qui a consacré la plus grande
partie de sa réunion à une séance de formation sur la « communication
coopérative » et les outils multimédia. En outre il a envisagé de mettre
en place d’un groupe de médiation qui serait chargé de résoudre les
conflits internes à la SC. NdR : vous aurez compris qu’il y a eu des «
plaintes » des « ONG tunisiennes de 2ème génération » à l’encontre du
Caucus DH présidé par Meryem (qui a non seulement du mérite mais aussi
une bonne dose de courage). Ce problème a été finalement laissé au GT
sur les Méthodes de travail.
Compte-rendu de la réunion C&T par Rik qui la juge très productive (voir
ci-dessus) et ajoute « les gouvernements veulent que nous parlions des
textes soumis » ; c’est la seule manière pour nous d’être efficaces.
D’autres opportunités doivent être exploitées comme le lobbying, la
participation aux S/G de travail spécialisés qui sont ouverts. Il faut y
être et contribuer selon Rik qui ajoute « nos contributions sont très
demandées par les gouvernements ».
Intervient ensuite M. Geiger, Directeur exécutif du Secrétariat exécutif
du SMSI (NdR : voilà un titre qui occupe une bonne partie de la carte de
visite !) qui est venu exposer à la SC les modalités d’accréditation
pour Tunis. L’organisation doit avoir exister au moins depuis deux ans
(Ndr : Tiens ! et le Caucus « droits de l’enfant » date de quand ?).
C’est le Secrétariat exécutif (SE) qui examine toutes les demandes en
toute transparence. Pour le PrepCom-2, sur 72 demandes 2 ont été
écartées car non juridiquement fondées. La moitié des 70 dossiers sont
incomplets : tunisiens, américains, ... DH en Chine « Dossier incomplet
» sera complété sur place. Le SE statue seulement en fonction du dossier
complet. Les gouvernements décident ensuite de l’accréditation. Toutes
les organisations accréditées peuvent venir à Tunis où elles bénéficient
de l’immunité et des privilèges selon l’accord entre l’UIT et la Tunisie
(Article 4 comme à Monterrey). La SC et le secteur privé bénéficieront
des dispositions « ad hoc » en termes d’immunité (« immunité
fonctionnelle ») et de privilèges liés à la personne.
L’immunité peut être levée par le Secrétaire général de l’UIT. Où est la
« ligne blanche » ? Le jurisconsulte des NU tranche à New York. Les
problèmes de visas peuvent survenir par exemple pour les organisations
africaines qui peuvent être soupçonnées d’immigration clandestine (cas
d’organisations nigérianes) Renate demande si les entités écartées ont
été avisées y compris des raisons de leur exclusion. De même elle
demande que l’on mette sur le site du SMSI le « Host Country Agreement »
(accord du pays hôte) afin de connaître son contenu. Réponse de M.
Geiger : En principe nous les en informons. Je ne peux pas cacher qu’il
y a des critères clairs sauf un. En phase 1 on n’a refusé aucune entité
en relation avec le SMSI. Le host country agreement est du ressort de l’UIT.
Un représentant d’une ONG tunisienne s’interroge sur les promesses de la
Tunisie car il y a des associations non reconnues par les pouvoirs
publics qui ne pourront pas participer au Sommet. C’est le cas de son
association qui a dû se réfugier. Il s’interroge : cela ne dérange-t-il
pas les responsables du SMSI de tenir le Sommet dans un pays qui censure
les associations ? Monsieur Geiger répond qu’il ne peut pas s’engager au
nom du Ministère de l’Intérieur tunisien et qu’il ne se prononcera pas
sur la question. NdR : C’était pourtant, comme on dit, une excellente
question, et pour ce qui me concerne je remercie notre collègue tunisien
de l’avoir posée. Magaly souhaite que l’on ne répète pas le cas
brésilien du PrepCom-1 (à Hammamet ; les délégués brésiliens ont alors
passé la nuit en « résidence très surveillée » »à l’aéroport ). Elle
rappelle qu’on obtient plus rapidement un visa de tourisme que pour le
SMSI ! M. Geiger convient que la procédure est lente, aussi signale-t-il
que l’inscription est ouverte deux mois à l’avance. Cela s’applique
particulièrement aux candidats de bourses qui doivent d’abord être
accrédités. Nnenna rappelle qu’elle a participé à trois réunions
informelles avec un visa à récupérer à l’aéroport d’arrivée. Elle a subi
trop de tracasseries et de questions. En outre il faut savoir que
beaucoup de pays africains n’ont pas de consulat/ambassade tunisiens. M.
Geiger ne peut que conseiller de se munir de la lettre qui spécifie le
retrait du visa à l’aéroport. Un délégué brésilien fait remarquer que
pour participer au Forum Social Mondial il n’y a pas eu besoin de visa !
Je pose la question du mode de vote quant à la décision pour
l’accréditation finale : unanimité ou majorité ? Réponse : majorité
selon trois modes ! NdR : on n’est guère plus avancé ...
Monsieur Geiger ayant terminé sa communication, quelqu’un à la tribune
réclame les rapports des caucus, mais le brouhaha a gagné la salle qui
est en quasi évacuation. Steve pose encore une question sur le processus
officiel et la réponse de M. Geiger se noie dans le bruit : « ONG ..
Caucus ...officiel ». Delphine (Caucus Afrique) insiste et demande la
rédaction d’une déclaration générale vu « la focalisation des
interventions sur le pays hôte. Le continent africain se sent visé ».
Enoncé qui devient récurrent au PrepCom ... « Le Caucus n’est pas
habilité à faire de l’ingérence à l’intérieur des Etats (sic) » NdR : Et
moi qui croyais encore que la SC était essentiellement NON
gouvernementale, j’ai encore dû me tromper de réunion ! NON car le calme
revenu, j’ai entendu le Caucus Education faire état du contenu de son
document y compris les aspects de financement. Il interviendra demain en
SCI. Bertrand a posé la question importante de la mise en œuvre et du
suivi du Plan d’action et du SMSI. La SC doit garantir sa participation
dans le suivi. Une réunion sur ce sujet sera organisée avant vendredi,
avec deux ou trois gouvernements, le BSC et les autres parties prenantes
(secteur privé, organisations internationales) ; elle traitera d’une
approche multipartite pour la mise en œuvre et le suivi du SMSI. Pour
terminer, Francis Muguet annonce une réunion avec M. Samassékou sur son
idée de démarche multipartite, à première vue plus « sympathique ». A
n’en pas douter, le SMSI sera bien suivi ...
La réunion du Caucus Europe s’ouvre avec une dizaine de participants.
Une déléguée tunisienne du Caucus « Priorités Nord-Sud » (encore un
Caucus de génération récente) propose une plate-forme commune entre
Caucus du Nord et du Sud sur l’ensemble des sujets et thèmes aigus ou
sensibles actuels. Bruno Oudet et Robert Guerra estiment que cette
proposition relève du groupe C&T ; Bernard Loing pense que le Caucus
Europe avait jusque là surtout joué un rôle de lobbying. Je pense qu’il
existe déjà un caucus, « Les amis du Sud » qui serait un interlocuteur
intéressant pour le Caucus Europe car l’Europe y est très active et a
avec « le Sud » des liens institutionnels à travers les accords ACP-UE
(Traité de Cotonou). Pour le Caucus Europe ses lieux d’intervention
doivent être à la fois Bruxelles (Commission, Conseil) et à Strasbourg
(Parlement). Ralf rappelle que lors des PrepComs précédents il y a eu un
certain nombre de réunions avec l’UE. Il y a surtout une activité de
lobby et de présence au Bureau de la SC (BSC) et jusqu’ici la « matière
» (contenus) était fournie par les Caucus. Le Caucus Europe peut aussi
être un lieu de discussion des thèmes qui nous concernent ou nous
interpellent. Divina soulève le problème de Bruxelles où nous n’avons
aucune organisation. Il ne suffit pas d’élaborer des thèmes s’il n’y a
pas prolongement. Bernard Loing estime inintéressant de se concentrer
sur le lobbying ; il préfère que l’on se penche sur les contenus. La SC
est avant tout une expression de citoyens. Cela est fondamental pour nos
préoccupations. Je soutiens ce point qui est aussi celui de notre
association. Il faut aborder les contenus et thèmes d’actualité entant
que citoyens européens en impliquant nos institutions.
Ralf recentre le débat sur la réunion avec la Présidence de l’UE et
propose qu’un petit groupe de rédaction se réunisse pour préparer un
document. Robert Guerra évoque le Sommet de Tunis et aimerait connaître
les mesures que prendrait l’UE si un de ses citoyens était arrêté en
Tunisie ; il se demande aussi si le Caucus Europe ne doit pas être
accrédité, ce dont doute Ralf. Divina pense que nous avons besoin
d’information sur les procédures. Les contenus peuvent être reportés.
Elle suggère des panels qui traiteraient respectivement des procédures,
du contenu et du suivi. Milena (APC, Bulgarie) fait remarquer que les
pays d’Europe centrale et de l’ex-Yougoslavie ne sont pas représentés ;
en outre elle constate fort justement que la CS traite des PeD, de la
gouvernance de l’Internet mais pas de ces pays émergents ou «
intermédiaires ». Ralf revient au programme immédiat : groupe de
rédaction, s’assurer que les Caucus canalisent leurs thèmes vers le
Caucus Europe, groupe sur le financement. Divina pense que le Caucus
devrait rédiger une contribution sur le chapeau politique et mentionne
le risque de n’être qu’une « embedded CS ». Pour cela il faut utiliser
les temps de parole. Steve, revenant sur la préparation du Sommet de
Tunis, propose de « faire passer un message » prenant en compte les DH,
le développement, la liberté d’expression. Je pense que nous n’avons pas
à être une « embedded CS » mais nous concentrer sur nos spécificités
européennes et notre citoyenneté. S’il existe un fossé N-S, il en existe
aussi un autre E-O, y compris en Europe comme l’a fait remarquer Milena.
Divina rappelle que le PrepCom-2 est surtout dédié à l’action. D’où, les
Caucus doivent s’y focaliser. Nous avons besoin d’idées pour cela. Ne
pas nous censurer, sinon nous serions un simple lobby. Bruno Oudet
rappelle qu’il faut prendre en considération la citoyenneté européenne
dans notre expression. Un représentant de l’UE suggère que pour la
réunion avec la « troïka » et dans la perspective du Sommet de Tunis, le
Caucus (1) présente des projets à financer et des propositions
concrètes, (2) précise sa participation, (3) décrit ses points de
référence pour le Sommet. Le président de la Commission relèvera les
points d’intérêt de la SC qui sont communs avec ceux des institutions
européennes. Le changement d’hommes a eu des effets sur l’approche,
ainsi Likkanen était plutôt focalisé sur l’industrie, alors que Madame
Réding est plus centrée sur les aspects politiques car elle a une bonne
expérience dans les Medias.
Ralf demande à Bruno comment envisager l’après-PrepCom. Bruno pense
qu’il nous faut organiser une Réunion régionale européenne car il n’y en
a pas eu depuis plus de deux ans.
La réunion du Groupe de Travail sur les mécanismes financiers de la SC
animé par Djilali rassemble six participants ce qui ne permet guère un
bon débat. Raoul Weiler évoque la pollution des agences des NU par le
commerce selon une véritable relation triangulaire et pense qu’il faut
dégager les grandes lignes d’actions pouvant avoir un impact politique.
Il s’interroge sur l’utilité de nos contributions aux documents
officiels, dès lors que nous n’avons aucune illusion sur les résultats.
Il est pessimiste sur les résultats du Sommet (« il ne résoudra rien »)
et sur les mécanismes financiers. Il propose une réflexion sur les
changements technologiques et l’évolution économique qui les accompagne
qui a permis une sérieuse baisse des coûts. Celle-ci pourrait avoir ses
effets d‘ici trois ans, notamment sur le prix des PC et des
communications satellitaires. En outre, le « 3P » ne résoudra pas le
problème du fossé numérique du moins dans sa version actuelle. Je
partage en partie l’analyse, les préoccupations et le scepticisme de
Raoul. Cependant je vois aussi d’autres tendances lourdes, y compris
dans la baisse des coûts des réseaux fixes et en contre-partie la
limitation en termes de capacité des liaisons satellitaires. Pour
l’Afrique, tout l’espoir est dans Rascom, mais on peut s’interroger sur
sa capacité de réponse pour la desserte des zones excentrées face à la
demande prévue. Sans parler de promesses irresponsables sur « le large
bande pour » tous, abondamment propagées au SMSI.
Réunion C&T comme toujours pour clore la journée. Jane rend compte de la
session du SCI d’aujourd’hui. Il a discuté le Rapport du TFFM et les
rôles respectifs du secteur privé et du secteur public ont fait l’objet
d’intenses discussions. Les § 16 et 17 ont été vus ce matin alors que la
session de l’après-midi a vu l’examen des²§ 19 à 22. Hier soir, des
groupes de rédaction ont tenté de rédiger les § 18 à 23. Aujourd’hui
deux groupes de rédaction ont examiné les § 14 et 21. Demain le § 21
sera encore au programme qui sera surtout consacré au financement et
probablement par un retour aux § 10 et 11 sur la mise en œuvre et le
suivi du SMSI. Demain après-midi on commencera le chapitre 4. La CS
interviendra demain matin à l’ouverture de la session. Quatre orateurs
sont inscrits : Mécanismes financiers, Afrique, Media et
Education/télécentres. Les textes des présentations doivent parvenir au
Secrétariat (par courriel) avant 8h30. Il faut dès maintenant prévoir
les orateurs pour jeudi où la gouvernance de l’Internet sera au menu ;
six orateurs sont candidats pour la SC !. Un délégué suggère d’utiliser
les temps de parole non utilisés par les autres parties prenantes :
organisations internationales, secteur privé. La suggestion est rejetée
car il faudrait s’assurer si elle est « réglementaire » et en outre elle
occasionnerait de longues négociations.
Bertrand (en anglais comme de coutume ...) qui a longuement discuté avec
l’ambassadeur Karklins, président du PrepCom ( !...), informe
l’assemblée que demain matin les mécanismes financiers sont au programme
mais rien n’est encore clair pour l’après-midi. D’autre part, il n’y
aura pas de discussions formelles entre les PrepCom-2 et 3 ; y aura-t-il
alors des « réunions informelles » ? Une réunion des Agences onusiennes
devrait mettre en place une structure multipartenariale (le dada à
Bertrand ...). Tracey annonce alors la réunion entre la SC et le secteur
privé et Bertrand pousse son idée. Il a eu un bon contact avec la
délégation gouvernementale canadienne et exhorte les autres délégués de
la SC à faire de même avec leur délégation gouvernementale et l’Union
Européenne si possible encore d’ici à jeudi. Rik estime que cette
réunion entre la SC et le Secteur privé ouvre la voie pour « l’après
Tunis » NdR : Mais qu’est ce qu’ils on tous à promouvoir l’après-Tunis
en se laissant aller à des alliances (sorry : partnerships) avec les pas
toujours recommandables représentants du Secteur privé ?
Chercheraient-ils à se caser ? Avec le concours (ou la bénédiction) de
la SC ? Bizarre ... Tracey constate (avec nous autres de la SC « du bas
») que « Bertrand a pris une initiative » et espère avoir les
informations préalables « en temps approprié » (ça tombe bien : nous
aussi !). Elle rappelle que la SC est déjà engagée avec les
gouvernements ... Bertrand promet d’actualiser la liste de suivi. Je
demande alors sur quelle décision de la SC on a convenu de cette
rencontre et qui en a pris l’initiative. Renate se défend que ce n’est
pas elle. Elle s’interroge sur les aspects de procédures mais le contenu
peut justifier une rencontre entre SC et SP car il y a des problèmes
communs. Elle ne se prononce pas sur qui va conduire la SC ; il y a un «
document informel » sur le sujet et la réunion sera « ouverte ». Ouf,
nous avons échappé de justesse à un putsch, mais grâce à CONGO ce sera
un « putsch informel » seulement. Sally Burch ajoute en finale que l’on
pourrait profiter de cette réunion pour négocier l’utilisation par la SC
des temps de parole non utilisés par le Secteur privé. Ce marchandage
autour de quelques minutes de parole vaudrait-il un « pacte du Dr Faust » ?
Il faut rester vigilent et il faudrait bien suivre toutes ces approches,
effectuées sous couvert de multipartenariat, que trament quelques «
éminents » représentants de la SC. On peut aussi s’interroger sur les
»profils » de ces zélateurs du multipartenariat dont on peut dire sans
se tromper qu’ils sont relativement éloignés du terrain. Et que dire du
« partenariat » toujours invoqué avec le secteur privé qui lui parle
d’une seule voix : celle coordonnée par la Chambre internationale du
commerce (CCBI). Quel est le poids de nos « collègues » même éminents
face à un O’Reilly de Cisco qui traîne depuis le début du PrepCom dans
les couloirs et dans les réunions ouvertes quand il ne disparaît pas
pour de discrètes tractations. Pas pour le comblement du fossé numérique
et encore moins pour le FSN : Cisco pas plus que Microsoft ou les autres
profiteurs du SMSI, n’ont versé le moindre cent, ni au FSN ni même au
budget du SMSI, qui n’est couvert qu’à moitié à quelques lois de la fin.
Dans la soirée je rédige ma déclaration de demain en plénière du SCI en
y incorporant en 2ème partie la déclaration en dix points du Groupe de
travail sur le financement animé par Djilali, document auquel j’ai bien
contribué. J’arrive finalement à un texte qui me prendra à un rythme
normal de lecture (il faut respecter le temps pour les interprètes)
environ six minutes et demie alors que je n’ai que cinq minutes.
Néanmoins je ne suis pas disposé à le réduire encore davantage quitte à
risquer l’interruption. Le document est envoyé en français au
Secrétariat juste avant minuit. J’en fais des copies pour la réunion
plénière de la SC de demain ... ou aujourd’hui !
Ce mercredi commence comme toujours par la réunion de la Plénière de la
SC. Je remets deux copies de mon intervention à Adina qui assure avec
gentillesse l’interface entre la SC et le Secrétariat. On nous annonce
qu’une responsable d’ECOSOC (le Conseil économique et social de l’ONU)
viendra nous informer sur la « MDG + 5 UN Conference ». En attendant on
suit la routine. Compte rendu du BSC : Il a traité du projet
d’utilisation d’outils coopératifs qui nécessitera une formation. On
l’évoquera lorsqu’il sera plus complet. Autres réunions : le S/comité
sur le projet de charte, le Comité des bourses. En outre, une réunion «
Bureau à Bureau » est prévue cette semaine. Compte-rendu rapide de la
réunion C&T d’hier soir par Wolfgang. Problème en plénière du SCI qui
examine le « Chapeau politique ». Le § 11 consacré au suivi n’a vu
aucune proposition pour intégrer la SC. L’UIT a été désignée comme
organisateur principal, et la SC se trouve ainsi classée en « side event
». NdR : Mais de quoi donc nos éminents lobbyeurs et autres
protagonistes du multipartenariat discutent-ils si longuement avec des
personnalités officielles au moins aussi éminentes ? Bilan calamiteux
pour l’instant ! Le WGIG est ensuite évoqué. Le Caucus Afrique s’exprime
par la voix de Delphine : (1) il y a manque de visibilité sur les
interventions en plénière, (2) « il faut arrêter les interventions sur
la Tunisie car toute l’Afrique est ainsi concernée et interpellée », «
pas d’ingérence s.v.p. ! » NdR : ce refrain est désormais bien connu au
PrepCom et sera probablement le « tube » pour lee PrepCom-3 et le Sommet
! (3) Où vont nos rapports ? Où peut-on les archiver ? (4) quid des
interventions en Plénière du SCI sur le financement et le FSN d’une
part, sur la gouvernance de l’Internet d’autre part.
J’ai quitté la réunion pour prendre ma place dans la grande Salle où se
réunit dans le SCI. J’avais demandé à Tracey d’être le premier orateur
de la SC (à cause de la longueur de mon texte ...) et l’ai confirmé à
Adina. Je vais donc avoir le plaisir d’ouvrir a session. Celle-ci est
ouverte à 10 heures 10 par la Présidente argentine. La salle est pleine
et à quelques mètres devant moi, à la place réservée à la CCBI (la
Chambre de Commerce Internationale, porte-parole du Secteur privé),
j’aperçois Monsieur Laouyane, l’ex-Directeur du BDT de l’UIT et père
d’Africa ONE. Les oreilles vont bientôt lui tinter ... La présidente
ouvre la séance par le le créneau des contributions de la Société civile
et m’appelle comme « premier intervenant, au nom de CSDPTT » pour
présenter ma déclaration. Elle est intitulée Financement indispensable
et urgent pour combler le fossé « numérique », et se compose de deux
parties. (voir le texte sur le site de CSDPTT
www.csdptt.org/article341.html) La première dénonce en quelques chiffres
l’immense gâchis financier engendré par la bulle dot.com et télécoms, et
rappelle l’échec lamentable d’Africa ONE, alors qu’une part infime de ce
gâchis suffirait pour éviter des recours à des mécanismes complexes sur
lesquels nous planchons depuis des mois. Elle relève que la CS a émis
des propositions concrètes et crédibles que la « TFFM cooptée » a
ignorées et que les documents officiels du SMSI n’ont pas intégrées
jusqu’ici. La deuxième partie est un résumé de la Déclaration en dix
points élaborée dans le cadre du groupe de travail de la SC sur le
financement. Celle-ci demande une réelle inclusion de la SC en
particulier du Sud dans les réflexions et prises de décisions du SMSI,
une prise en compte de nouveaux concepts comme les biens publics à
l’échelle mondiale (BPEM), les flux financiers Nord-Sud générés par les
diasporas et la gestion communautaire. Enfin elle stipule le rôle majeur
des pouvoirs publics et de l’aide publique au développement (APD) et
demande aux pays riches de respecter leurs engagements pour financer
l’APD. Pendant ma déclaration j’ai eu droit aux photographes, pendant
celle-ci j’ai entendu le marteau de la Présidente marquant la limite des
cinq minutes accordées mais j’ai continué ma minute et demie
supplémentaire sans me voir couper le micro : merci encore Madame la
Présidente ! Après ma déclaration j’ai eu les remerciements et les
félicitations très spontanés de trois délégations africaines : le Bénin,
le Ghana et le Niger, ainsi que des membres du Caucus Afrique et de la SC.
Je m’invite ensuite à une réunion tout à fait « particulière », conviée
« conjointement » par William Drake (SC - CPSR) et Ayesha Hasan (CCBI),
à laquelle Bertrand de la Chapelle s’est associé. Un imprimé d’une demie
page la présente -en anglais forcément- comme « réunion informelle de
représentants de la société civile et du secteur privé » ; il ne
comporte ni en-tête ni signature. Son texte indique les « points à
l’ordre du jour » :
1. problèmes de procédure et institutionnels concernant la conduite
de la politique TIC globale (rien de moins !), par exemple l’importance
de la transparence, responsabilité et inclusion (en particulier la
participation d’acteurs du SP et de la SC) : (a) dans le contexte du
SMSI - (b) dans l’arène plus large de politique globale (p.ex. UIT,
OCDE, etc ...)
2. problèmes importants dans lesquels nous pourrions avoir des
perspectives communes et problèmes où la CS et le SP ont des vues
divergentes, en séparant : (a) les problèmes de « fruit pendant en bas »
(sic), p.ex. des problèmes de liberté d’expression et des normes
ouvertes où une concordance large est probable - (b) les problèmes plus
difficiles sur lesquels nous pourrions avoir des divergences à propos de
certains sujets comme le commerce et la propriété intellectuelle, mais
nous accorder sur d’autres.
3. comment la SC et le SP pourraient-ils construire le dialogue pour
aller de l’avant, en particulier en s’assurant de ne pas nous enliser ou
enfermés dans des dynamiques héritées du SMSI --- la nécessité de voir
au-delà.
4. Développements de Genève.
Ce n’est évidemment pas ma tasse de thé, mais je veux voir jusqu’où la
Société civile peut se fourvoyer, voire se compromettre. Le tout
évidemment sans aucun mandat. C’est Ayesha Hasan qui préside avec Ramin
(NGLS) et ouvre la séance. « Nous connaître mutuellement, des priorités
et intérêts communs, rassembler des gens afin de nous soutenir, dialogue
... ». Pour W. Drake (CPSR) cette réunion est la suite des entretiens de
Berlin (dans le cadre du « ouiguig », elle s’attache au multipartenariat
(MSP). Dans le passé on a eu des échanges informels : il faudrait
maintenant explorer les mécanismes de procédure (NdR : c’est-à-dire les
formaliser). La Global Alliance (NdR : tiens, voilà qu’il sort un autre
cadavre du placard !) demande davantage de participation et moins «
d’informel » ; il faut donc discuter afin de définir un domaine
consensuel. Il y a des questions institutionnelles qui se posent à deux
niveaux : au SMSI et au-delà du SMSI en mettant en œuvre l’UIT, l’OMC,
etc ... Il évoque les principes de bonne gouvernance et de transparence,
les litanies du néolibéralisme. Il y a des questions/problèmes que nous,
la SC, pouvons approuver, et d’autres qui devront faire l’objet de
discussions systématiques.
Renate Bloem (CONGO) intervient « comme membre du CSB » en remerciant
les promoteurs de cette réunion informelle. « Ensemble nous serons plus
forts », « decision thinking », pratiquer le multipartenariat. Avoir des
canaux plus institutionnalisés pour certains sujets (NdR : on aimerait
les connaître, ce suspense devient insupportable ...) Intervient ensuite
un journaliste « free lance » (tiens, qui l’a invité celui-là ?), Boris
Engelson, qui se demande qui est vraiment cette SC ; existe-t-il un «
label » SC ? Il mentionne des problèmes d’interfonctionnement qu’il
faudrait résoudre. Le premier endroit où le citoyen rencontre la SC est
le lieu de travail. Son représentant peut indifféremment faire partie de
la SC, ONG ou d’une entité commerciale. W. Drake rappelle que GPRS est
une ONG mondiale active depuis 22 ans dans la politique des TIC et a été
sollicitée par Ayesha (NdR : et a répondu positivement à cette
invitation !).
M. O’Reilly de Cisco Systems évoque le problème majeur de la procédure
du multipartenariat (MSP). Une « break out session » (sur le MSP ?) a eu
lieu lundi soir, mais les gouvernements ont réagi en défaveur. Le Plan
d’action prévoit donc une réunion régionale au niveau ministériel,
fermée aux autres partenaires. Nous devons nous motiver en fonction des
problèmes et manifester de bonnes intentions. Il s’interroge sur le
futur du WGIG : continuera-t-il à se baser sur le multipartenariat ?
Réponse demain. « Il y a un tas de problèmes dont nous pouvons discuter
». NdR : certainement, Mr O’Reilly ! Par exemple de dissoudre tout
simplement -mais totalement- les « académies Cisco » dans les
Universités africaines. L’ONG-sic GPRS est toute émoustillée par ce
discours d’un baron des TIC, car elle trouve « ce commentaire (...) très
constructif ». Elle détient la preuve que « le SP s’intéresse à nous »
et trouve cela « super », et elle évoque l’UIT ... On rêve ! .
Wolfgang Kleinwächter (Université d’Arhus) demande que nous nous
concentrions sur nos principes essentiels : le multipartenariat (MSP).
Il est en cours à Genève. Ensuite il nous faut nous concentrer sur nos
intérêts communs. « Le multipartenariat est mis en route : c’est le
point le plus crucial ». Il évoque le § 11 du Chapeau politique qui
présente quatre options ! Toutes sont mauvaises du point de vue des ONG
et de la SC. NdR : sur quel débat au sein de la SC se base notre cher
professeur ? Je n’ai pas manqué une plénière ni un C&T et je n’ai jamais
vu la moindre sanction de la SC pour ce § ! Une fois de plus, on «
instrumentalise » la SC à des fins peu nobles. Il cite le « ouiguig »
comme un modèle à copier pour le suivi du SMSI. « Nous sommes dans le
même bateau, donc nous devons lobbyer ensemble car nous avons plus ou
moins les mêmes arguments (sic) ». Tout à fait Wolfgang, je me vois déjà
lobbyer le Burkina Faso en compagnie de Mr O’Reilly/Cisco ! Plus
sérieusement, je rappellerai très amicalement à Wolfgang que si nous
sommes dans le même bateau (ce qui reste à prouver) nous ne voyageons
certainement pas dans la même classe ». Il termine cet hymne à « l’union
des classes » en concédant qu’il y a bien le problème des droits de
propriété intellectuelle (IPR) « mais ce n’est pas le plus important par
rapport à l’ensemble ». Renate Bloem (CONGO), au comble du consensus,
déclare « nous nous sentons confortables (sic) dans le contexte SC-SP »
; ces entités séparées sont reconnues.
Sur ces fortes paroles je dois quitter prématurément ce conclave
consensuel car j’avais promis à Ramin Kaweh (NGLS) de participer à sa
réunion (voir ci-après). Je n’ai pas regretté « mon déplacement » !
Après ce moment intenses et quelques discussions « de couloir » voici
l’heure de la réunion du groupe N-S Priorities. A la demande de Ramin,
je me suis joint à leur discussion, pour me rendre compte aussi de
l’intérêt d’un groupe de travail supplémentaire de la SC, cette
thématique étant aussi pour l’essentiel celle du Groupe des Amis du Sud
(voir plus haut). D’entrée de jeu on migre vers l’appellation «
Plate-forme commune N-S » et on envisage de constituer un Groupe de
travail sous ce label pour le PrepCom-3. Cette plate-forme serait en
relation avec le Groupe des Amis du Sud et aurait des contacts avec les
caucus régionaux. Un ensemble de priorités serait dégagé des ces
relations et présenté au Sommet. Une déléguée tunisienne recommande des
contacts avec le Caucus Europe « qui n’a pas encore défini ses priorités
» et semble plutôt orienté vers le lobbying. En outre, la SC ne s’est
pas imposée dans l’UE et focalise sur des actions régionales. Un autre
délégué souhaite un « caucus transversal et note que le Caucus Arabe
cherche à s’associer au Caucus Afrique dans les thèmes majeurs du
financement de la « fracture numérique » et de la gouvernance de
l’Internet. Il se félicite de la mise en place du FSN dont le rôle est
selon lui : (1) de réduire la fracture numérique partour dans le monde,
(2) de compléter les mécanismes de financement classiques, (3) de mettre
en œuvre un développement durable, sachant que les mécanismes classiques
financent les infrastructures TIC. Suit un long plaidoyer pour le DSF
qui n’a rien à voir avec le thème de la réunion. Un autre intervenant
demande une place de choix pour les contenus et les logiciels libres
dans les priorités. Ramin prend acte de l’évolution de groupe de travail
vers une plate-forme qui pourrait être un espace de discussion pour les
autres caucus afin d’identifier les intérêts convergents et effectuer un
travail commun. J’interviens pour insister sur une définition claire des
priorités qui est la question nodale avant la réflexion sur le choix des
mécanismes pour les financer. Je relève en outre que cette deuxième
phase du SMSI manque de dynamique. Viola (Volontaires des NU) approuve
ma recommandation et mon constat (« on marche sur la tête »). Une de ses
priorités est l’inclusion et elle demande de réfléchir sur les
mécanismes facilitant l’inclusion des associations du Sud, celles qui
sont actives sur le terrain. Un intervenant tunisien, médecin de son
état, considère que le terme « fracture numérique » est une horreur, et
demande de voir les priorités dans un concept de développement global
qui est une « somme de différentes fractures ». Je ne peux qu’approuver
l‘opinion de cet intervenant frappé du bon sens. Un intervenant propose
de considérer les priorité une fois définies comme « un socle commun des
valeurs » semblables aux droits de l’homme. S’agissant de l’Afrique, ce
socle pourrait faire partie intégrante de la Charte africaine. Pour lui,
le village africain a une culture orale. Les TIC peuvent-ils la
pérenniser ? Ou l’utiliser ? Notre travail doit être transversal.
Djilali constate qu’il y a extrême urgence et en appelle à une bonne
gouvernance mondiale et cite la Charte universelle des DH. Cette urgence
exige une refonte totale du système des NU.
Cette réunion sur les Priorités N-S n’a vraiment pas su remplir son
mandat et c’est regrettable pour les bonnes volontés potentielles ...
Réunion des ONG françaises conviées par l’Ambassadeur au SMSI, M.
Hubert. Pour les ONG françaises participant au PrepCom-2 c’est la seule
occasion de contact « formalisé » avec la délégation gouvernementale.
Quel que soit l’intérêt que l’on porte à ces contacts, on constate que
les ONG d’autres pays (Canada, Suède, Allemagne, Italie, Suisse,
Finlande, pays latino-américains, ...) ont des relations plus formelles
et bien plus fréquentes, ce qui leur permet de relayer -avec des succès
divers- leurs propositions ou au moins transmettre leurs analyses.
M . Hubert souhaite discuter librement avec les huit organisations de la
SC française présentes. Il fait part de la réunion du Bureau
intergouvernemental avec le BSC et note les propositions intéressantes
présentées par le BSC Enfin, il convient de la nécessité de donner une
plus grande importance aux groupes de citoyens de base, en particulier
ceux engagés dans le SMSI. Il fait un compte rendu actualisé des
discussions en plénière du SCI en citant les débats intenses autour du
Chapitre 2 (financement du Plan d’action de Genève). Un autre point
particulièrement discuté concerne le suivi du SMSI (§ 10 et 11 du «
Chapeau politique et Chapitre 4). Enfin, il reste le § 27 consacré au
Fonds de solidarité numérique ou « Fonds de Genève » ; une position
claire à son sujet sera prête vendredi soir Mais à son avis on a « bien
avancé ». Un rapide tour de table permet aux présents d’exprimer leur
analyse et constat sur le déroulement de ce PrepCom et plus largement
sur la 2ème phase du SMSI. Anne-Marie Laulan cite la richesse de débats,
mais constate qu’ils pas leur place aux médias traditionnels, en
particulier communautaires. Pour CSDPTT, je fais remarquer la différence
évidente entre les deux phases du SMSI, la présente étant plus
laborieuse et par moments quasiment « décalée » par rapport aux enjeux.
M. Hubert note qu’à son avis « on a perdu l’année 2004 », le résultat
maigre du PrepCom d’Hammamet. Il encourage donc les présents à
participer encore davantage à l’élaboration des projets « en tant que
partenaires privilégiés » et à les présenter de manière construite. La
France et l’Union Européenne peuvent alors s’y associer. NdR : en termes
de « projets construits » CSDPTT est probablement une des mieux placées
; cependant jusqu’ici elle n’a pas soulevé « l’association » de la
France ... ne serait-ce que pour le financement des voyages de ses
équipes de projet de réalisation ou de formation. Cela va-t-il changer ?
Réponse au prochain PrepCom. Djilali en ardent défenseur de la langue
française, note que celle-ci est bien présente dans deux caucus
régionaux : Afrique et Pays arabes. Il met l’accent sur ce potentiel
culturel. En contrepartie il souligne la domination des grandes
organisations anglophones sur la SC. Bruno Oudet regrette que le MAE,
qui finance des associations, ne réussit pas à les rassembler. M. Faouzi
(Sindbad Méditerrannée) se déclare très déçu qu’il n’y ait qu’une
réunion pendant les 12 jours du PrepCom.. Enfin, Bruno Salgues regrette
que les ONG françaises soient très peu connues par rapport aux
organisations comme APC.
Cette réunion est à mon avis trop courte pour une discussion réellement
« ouverte » ou alors il faudrait la répéter plus souvent, y compris
entre les PrepCom. Francis Muguet a émis des propositions en ce sens que
Bruno Oudet semble soutenir. Alors peut-être verrons-nous une «
structuration » plus sérieuse de la SC française d’ici le prochain
PrepCom ? Si son Assemblée générale lui en donne mandat, CSDPTT est
prête à soutenir un projet d’organisation souple de la SC mais restera
très vigilante sur ses relations et son fonctionnement. En effet, CSDPTT
avait déjà, lors de la 1ère phase du SMSI, tenté de mettre en place un «
collectif des ONG françaises » qui a échoué en partie par un jeu
d’intérêts pas toujours associatifs ... ni véritablement civils !.
On termine ce mercredi comme de coutume avec la Réunion du groupe C&T de
la SC. Le caucus Gouvernance de l’Internet espère un consensus sur
l’élaboration de son document. Tracey constate que ce groupe « n’est pas
réconcilié quant à sa déclaration de demain, (...) mais nous avons eu un
échange ». C&T devra soutenir le document. Selon le Caucus tous les
présents seraient d’accord sur le contenu de la contribution ce que
conteste fortement J.Y. Park, déléguée de la SC coréenne qui révèle
quelques « oublis » notamment en termes de respect des droits , des
libertés et de la diversité. Selon elle, le Caucus est trop « en phase »
avec le WGIG et privilégie trop l’approche technologique et ne traite
pas les véritables problèmes de l’ICANN. Janette lui reproche de n’avoir
pas participé à toutes les réunions. Bertrand se dit « sorry » et estime
que la déclaration concerne le processus multipartenarial dans le WGIG.
Bien que le contenu peut prêter à quelques soucis, mais il approuve
Janette. Tracey demande l’approbation de tous les Caucus qui est obtenue
plutôt par l’abstention ... des éventuels opposants. Cet échange
interpelle néanmoins une partie des participants et laisse un drôle
d’ambiance dans l’assemblée à cette fin de réunion.
La Plénière de la SC de ce jeudi débute par les comptes-rendus. Le BSC a
traité du « Sommet de Tunis et au-delà » et a abordé le problème des
bourses. Rik rend compte de la réunion C&T de la veille en rappelant les
interventions de ce matin en Plénière du SCI. Janette Hofmann a rédigé
la contribution du Caucus Gouvernance de l’Internet mais le consensus
est contesté. En outre, les Caucus Médias, DH et Protection de la
personne interviennent ce matin. Pas de commentaire pour le WGIG alors
que le groupe de travail sur les méthodes de travail décidée par les
Africains ; il présentera son rapport demain. Djilali ajoute des
commentaires sur la réunion des Caucus Afrique et Arabe d’hier.Le Caucus
sur le genre déplore que dans le Chapeau politique du document soumis au
PrepCom, aucune référence ne soit faite sur l’égalité ; il envisage de
rédiger une contribution. Le Caucus Arabe a eu sa 2ème réunion hier et
constate une croissance de la participation de la SC arabe à Tunis.
Bernard Oudet présente un nouveau Caucus sur le Développement durable.
Son modérateur est Gilles Berhault. Au nom de CSDPTT je soutiens cette
création pour en faire un « Caucus de plein droit » qui devra prendre en
compte ce qui a été fait en particulier dans la 1ère phase par Thomas
Ruddy mais qui a malheureusement disparu durant cette 2ème phase. Par
ailleurs une grande partie des objectifs de ce Caucus sont parfaitement
intégrables dans le travail que fait CSDPTT sur le terrain. Le Caucus
Moyen Orient/Asie de l’Ouest a tenu sa 2ème réunion. Il a fait le point
sur la SC de la Région et ses besoins (enfants, formation, bourses, ...)
et a noté le problème des journalistes et des besoins de leur
protection. Enfin, il a évoqué le problème du filtrage à l’accès à
l’Internet auquel est soumise la SC de cette région.
Le Caucus Afrique a examiné la déclaration sur le financement de la «
fracture numérique » ainsi que la déclaration en 10 points du GT sur les
mécanismes de financement animé par Djilali. Il demande la prise en
compte des thèmes éducation, santé et SIDA. Il demande à Adina la mise
en commun de la déclaration de CSDPTT à la Plénière du SCI d’hier et de
la déclaration du Caucus Afrique. Bertrand de la Chapelle informe
l’assemblée du projet de déclaration commune de la SC et du Secteur
privé et renvoie à la lecture de sa feuille d’information disponible.
Nnenna s’empresse de soutenir cette initiative mais demande de remplacer
« only » par « better » dans le point 7 qui stipule « Civil Society and
Business actor can only effectively engage in implementation and
follow-up mechanisms if they are associated early on in the very
definition of these mechanisms” . Vous avez compris qu’il s’agit encore
d’une initiative de notre compatriote Bertrand, toujours assis entre
deux chaises. Rik intervient alors pour déclarer que « cette réunion est
passée, et doit donc être discutée plus tard, d’autres informations sont
plus importantes », ce qui évite à la plénière de discuter de ce sujet
plus que « discutable » car il a engagé la SC dans une voie à tout le
moins ambiguë et plus sûrement faussée. Encore une belle manœuvre
d’embrouille de la SC par APC.
Ramin rend compte de la réunion de son groupe de travail « Priorités
Nord-Sud » qui ont pour objet d’examiner les priorités des deux groupes
de pays et relever leurs différences aussi bien que leurs objectifs
communs. Le groupe envisage de se transformer en « Plate-forme » en
prévision du PrepCom-3 et sa suite. Le Caucus Amérique Latine-Caraïbe
rend compte de ses travaux et de ses contacts avec le GRULAC afin
d’intégrer des contributions de la SC dans les documents en discussion.
Il propose aussi de redéfinir la « fracture numérique » au quotidien «
comme l’a brillamment montré la déclaration d’hier ». Le court
compte-rendu du SCI clôt la réunion ; le § 27 (qui traite du FSN) a été
ré-ouvert. En absence de consensus, le Ghana présidera un groupe de
travail qui planchera sur le sujet et présentera ses propositions demain
en SCI.
La réunion du Caucus Europe me désignant pour présider, il m’est
difficile de prendre des notes en même temps. J’essaie de restituer le
mieux possible les débats. Ordre du jour : le Sommet de Tunis et sa
préparation, le futur du Caucus, le BSC et le Rapport de l’iFEX en
Tunisie. Robert rend compte de la réunion du BSC qui a évoqué la
rencontre BSC-BIG (Bureau intergouvernemental) satisfaisante sur le plan
de la discussion « fructueuse », transparente et ouverte. Le problème
des bourses et aide financière a été soulevé et une structure sera mise
en place pour son suivi. Il a été question du financement par l’UE des
ONG européennes et de celles des PeD. Un point focal a été dédié aux
peuples indigènes. Steve fait ensuite un très rapide compte-rendu du
Rapport de l’iFEX qui a été publié ce jeudi mais sa prise en compte
comme document SMSI a été « reportée » alors qu’il a été réalisé par des
ONG accréditées. Il ne peut donc être distribué qu’à la SC (salle XXII).
C’est le résultat d’une forte pression sur le Secrétariat. Le Rapport
sera soumis à la « troïka » européenne ce soir à l’occasion de la
rencontre commune. Je demande à Steve s’il y a espoir de voir ce
document agréé comme document du SMSI ; c’est peu probable selon lui.
Robert dit que le BSC examinera ce problème. J’insiste sur le double
argumentaire en faveur de ce document : c’est une information actuelle
et objective sur la situation des DH, et c’est un signal fort sur le
caractère « exclusif » du Sommet de Tunis.
La réunion avec la « troïka » : Bertrand propose un compte-rendu de la
1ère rencontre complété par Ralf. Celui-ci demande que l’on ne condamne
pas seulement la Tunisie, mais que l’on rappelle aussi quelques «
dérapages » à Genève. Il annonce ensuite les différents thèmes qu’à son
avis il faudra incorporer dans un document du Caucus à remettre à la
Troïka : le mutipartenariat, l’accréditation de la SC et les visas, la
logistique, la documentation et information librement disséminée, le
financement de la SC (à confier plutôt à NGLS qu’au BSC). Il s’interroge
sur le futur de ce document : présentation au BSC, à la Présidence
européenne ? Il faut aussi examiner les « side events » (événements en
parallèle au Sommet) : sont-ils réservés aux accrédités ou ouverts au
public ? Et quid de l’information en dehors du territoire du Sommet ?
Bruno Oudet demande que l’UE endosse le document. Steve rappelle les
problèmes de distribution de documents à Genève dans le cadre de ICT4D.
Il faut insister selon lui sur les événements autonomes et les
encourager. Robert évoque l’accord du pays hôte, l’assistance de l’UE à
ses citoyens qui leur garantit la liberté d’association en invoquant le
multipartenanriat. Bertrand souhaite que l’on s’accorde sur un « focal
point », sur les problèmes du Sommet, et que l’on évoque la réunion
UE-ONG à Bruxelles le 8 mars. Ralf se demande si on peut envisager un
processus multipartenarial à Bruxelles, similaire de celui de Genève. En
Allemagne le gouvernement renvoie la SC en argumentant que c’est
Bruxelles qui fixe les règles. Il suggère qu’une demie heure par jour
soit systématiquement accordée à la SC à la Commission. Pour Bruno
Oudet, la coordination européenne est un processus complexe qui demande
déjà un « focal point » à Bruxelles. Il a proposé un processus jusqu’à
Tunis, le PrepCom-3 devant voir un point de contact de la SC et un autre
de l’ambassadeur de l’UE au SMSI. A plus long terme il y aura une
nouvelle SC européenne qui nécessitera un coordinateur. Il faut
construire sur la citoyenneté européenne et profiter des outils
électroniques à notre disposition. Chaque pays devrait avoir un délégué
(au-delà des 25 pays actuels) ce qui nécessitera un financement. En
attendant il faudra déjà penser au financement pour PrepCom-3. Les
stands à Tunis : on pourrait prévoir 25 stands le long d’une « Allée de
l’UE » ; la SC doit y être présente. Il faudra élaborer des documents
par exemple sur les logiciels libres, le développement durable. Il faut
impliquer la SC européenne, présenter des exemples répliquables
ailleurs. Il sera aussi nécessaire d’approcher la Commission et le
Parlement européen (Catherine Trautmann). Enfin, il suggère un
communiqué de presse intitulé « La SC européenne veut s’organiser ».
Robert se réfère au Danemark, à l’Allemagne et à la France qui sont
encourageants car la SC a accès à l’information gouvernementale et la SC
y est reconnue (NdR : Bof , pour la France on peut faire mieux !). Les
nouveaux pays membres devront en profiter. Bruno signale néanmoins des
restrictions à l’accès de l’info gouvernementale. Chantal Peyer signale
que la SC suisse a été consultée avant PrepCom-2. Francis Muguet suggère
un BSC au niveau de l’UE (à partir du Caucus Europe) qui est facile à
financer. Il relève l’ambiguïté d’une SC « intégrée » dans une
délégation gouvernementale. La SC doit être financée en tant que telle ;
opportunité à voir avec le Parlement européen ? Il recommande 2
représentants de la SC : un à Bruxelles, un à Strasbourg.
Ralf préfère que l’on se focalise sur l’organisation du Sommet car il
pressent que la SC y sera en nombre limité. Le financement pourrait être
celui décrit par Francis. Il faudra avoir un « label » et s’enregistrer
à Bruxelles. Il faudra nous organiser mieux et il préfère une structure
souple à une structure rigide de type Bureau. Pourquoi pas un type
Caucus ? Notre organisation doit inclure la Suisse. Christine Wenzel
souhaite que le document de Bertrand et Ralf ( ???) ne soit pas
distribué et insiste pour que nous soignions d’abord notre présentation
et notre information. Ralf rétorque que le « papier » est plutôt « à
usage interne ». Il faudrait en fait deux documents : le premier destiné
à l’extérieur, le deuxième plus complet et plus clair à usage interne.
Le présidence du Caucus est toujours Georg Greve. (NdR : Georg n’a pas
pu venir au PrepCom-2 à Genève, mais si je suis bien informé, il a
assisté à une réunion à Lausanne, à moins d’une heure de notre lieu ...
ce qui pour un président est peu explicable). Je demande que la
structure minimale (point focal à Bruxelles et à Strasbourg) soit mise
en place rapidement Rencontre avec la Troïka de l’UE ce soir :
préparation rapide. Ralf assurera la présidence du Caucus. Questions sur
le Sommet et les mesures que l’UE va prendre pour en assurer un
déroulement conforme. Protection des membres de la SC de l’UE.
Evénements parallèles/exposition.
Réunion du Groupe « Priorités Nord- Sud » avec Ramin. Discussion libre
en cercle restreint . Ramin s’oriente vers une « plate-forme » qui
rassemblera les priorités indispensables pour l’élaboration d’un Plan
d’action. Il agira comme un groupe transversal et s’adressera aux Caucus
régionaux et thématiques. Une sélection de priorités servira de
plate-forme commune pour le PrepCom-3. Je suggère une approche en trois
niveaux. (1) : Priorités opérationnelles = actions, calendrier, moyens
(humains, financiers, autres). (2) : Priorités thématiques = critères,
variables. (3) : Rôle du GT : implémentation, suivi, compte-rendu. Le
groupe présentera ses propositions à quelques caucus (Afrique, Méthodes
de travail, ...). Je ne saisis pas très bien l’utilité d’un groupe
supplémentaire, même si la problématique des priorités est à la fois
importante et intéressante.
Deuxième réunion entre l’Union Européenne et les ONG. Elle est placée
sous le titre « Aspects opérationnels pour la préparation du Sommet de
Tunis » par l’UE qui souhaite recueillir nos préoccupations et nos
propositions en détail.
Ralf fait les remarques introductives. Il rappelle la déclaration du
Sommet à rédiger, il souhaite d’autres rencontres à l’avenir. Mais le
problème le plus important concerne les modalités du Sommet (§ 3 du
document remis). L’ambassadeur du Luxembourg qui assure la présidence
(désigné par la suite par « le président ») trouve le document remis (3
pages) utile. Concernant l’accord entre le pays hôte et l’UE, le
président demande si la SC a une expérience dans d’autres événements
organisés par l’ONU. Pour l’UE il ne s’agit pas seulement d’Hammamet.
Ralf répond que pour la SC les points majeurs sont (1) l’accord du pays
hôte (« Host Country Agreement ») et (2) l’organisation d’événements
parallèles. Le document remis fait référence à nos positions et
propositions et il est évolutif.
Pour le Président, parmi les Sommets de l’ONU, celui de Jo’burg pourrait
servir d’exemple. L’ambassadeur du Royaume Uni (UK) qui assurera la
présidence au 2ème semestre -et donc pendant PrepCom-3 et le Sommet de
Tunis- affirme que la suite du processus est un exercice du
multipartenariat et se déclare prêt à travailler avec la SC. Pour cela
un point de contact unique est souhaitable. Nous serons réalistes et
nous nous souviendrons de Jo’burg pour choisir le meilleur président
pour le Sommet. Nous sommes à votre écoute. Nous conviendrons d’une
méthodologie et d’un calendrier dès que nous aurons une liste de vos
préoccupations dans quelques semaines. Il informe la SC que le
gouvernement britannique organise un Forum des ONG le 24 mai à
Manchester (NdR : voilà qui montre combien la France retarde ...). Un
membre de la Commission (Dieter ?, il n’y a pas eu de présentation ...)
se rappelle qu’à Genève il y a déjà eu quelques problèmes mais c’est
surtout Hammamet qu’il ne faut plus renouveler.
Christine Wenzel ne veut plus d’une SC « sous marin » et propose de
mettre en place une plateforme de communication qui fonctionne avec des
noms et adresses, dans le but de partager l’information pas seulement
via nos PC mais au-delà. Nous nous référons à la citoyenneté européenne
et nous vous rappelons que nous nous auto-finançons. D’où une question
primaire : quel mode de soutien nous proposez-vous ? Ralf demande quelle
pourrait être la contribution d’EUCOM, notamment par rapport aux frais
de voyages pour les participants de l’Europe de l’Est. « Dieter » est
pessimiste car il craint qu’il ne soit tard mais va s’en assurer. Heike
intervient pour le Caucus Femmes en rappelant les résultats de la
réunion e-TEN de décembre dernier qui ont porté en bonne partie sur
l’égalité des genres. L’après - SMSI verra peut-être un modèle de
multipartenariat. Comment serait le vôtre ? Enfin il reste le problème
plus général de mettre en œuvre les résultats du SMSI. Bruno Salgues, au
nom du Groupe éducation, fait état de trois points importants : (1) la
formation des enseignants (2) « l’open courseware » (logiciels de
formation ouverts) et (3) la charte internationale des chercheurs. Bruno
Oudet constate un déséquilibre dans la représentation de la SC
européenne : l’Allemagne et le Danemark seraient sur-représentés alors
que la « Nouvelle Europe » est absente. Il propose Christine comme point
de contact et rappelle que la SC est demandeur d’information actualisée.
Annette (Syndicat Ver.di, Allemagne) soutient les propose de Bruno et
propose (1) pour Tunis une table ronde sur la citoyenneté européenne
comme exemple, et (2) recevoir l’information sur le Chapeau politique,
et améliorer la participation de la SC.
Le président se dit très sensible à nos préoccupations qui prennent en
compte l’Europe des 25. Donnez-nous vos idées car elles nous paraissent
convaincantes. Nous examinerons da question du stand de l’UE ; quant au
suivi du SMSI nous ne sommes pas encore près d’un accord, même avec nos
membres. L’ambassadeur du RU est prêt à apprendre de notre expérience.
Il n’a aucune idée préconçue et demande de lui indiquer notre point
focal afin de mieux faire passer nos idées et propositions. D’autre part
il demande de ne pas perdre de vue que les négociations sont sensibles
et mettent en présence des conceptions fort différentes. Il rappelle
l’échéance importante de mai (le Forum de Manchester). Quant aux
tables-rondes, il attend nos idées, notamment du GET (Bruno Salgues). «
Dieter » rappelle que Madame Réding, qui est la Commissaire en charge de
la SI est très portée sur la citoyenneté européenne, et qu’il y aura un
Conseil sur les télécommunications au mois de juin. Quant au WGIG, il
trouve son processus fascinant. Steve revient sur certains problèmes que
nous avons soumis la semaine dernière, en rappelant le rôle important de
l’UE en termes de DH et les conditions probables que nous rencontrerons
d’ici Tunis. Francis Muguet demande à l’UE une participation (financière
ou/et autre) pour les traductions dans les réunions de la SC et de ses
partenaires. D’autre part il suggère la création d’une agence, en vue du
suivi du SMSI basée sur le multipartenariat. Enfin, il note qu’il n’y a
pas eu de Réunion régionale avant le PrepCom alors que les mécanismes de
financement sont un problème majeur. Le président demande des
propositions écrites en quelques lignes pour préciser ces idées et
propositions. Wolfgang rappelle que WGIG se réunit les 18 et 19 juillet
au Palais des Nations. Ralf confirme que Christine sera le point focal à
Bruxelles, mais comme elle doit bientôt prendre ses fonctions aux
institutions européennes, elle assurera notre représentation jusqu’au
choix de son successeur, en précisant qu’il ne s’agit pas seulement d’un
contact d’information mais aussi de travail. Le président souhaite une «
réponse plus groupée » de la SC. L’ambassadeur du RU se dit prêt à
canaliser nos idées et aimerait faire le point avant le PrepCom-3 et
avant le Sommet. Il veut que nous soyons opérationnels (pratiques) et
que nous transmettions nos idées. Christine demande un point de contact
à la Commission et le président lui propose de régler cela « avec les
deux dames à notre table ». Bertrand voudrait un canal régulier et non
seulement électronique, et souligne l’ouverture du Caucus Europe. Le
président s’interroge sur l’après-Sommet ... J’interviens pour remarque
que si le représentant de la Commission trouve le WGIG « fascinant », on
ne peut pas en dire autant du TFFM ! Cela vaut autant pour sa
composition de membres cooptés et excluant la vraie CS, que pour les
résultats incomplets et controversés qu’il a présentés. A propos de
stand pour Tunis, je rappelle mes propositions transmises à M. Soupizet
au lendemain du Sommet de Genève. L’UE a des choses à dire sur les
problèmes liés au développement et sur les procédure et structures
qu’elle a mis en place. Comme le Sommet se déroule sur le continent
africain, c’est l’occasion de montrer le fonctionnement des accords
ACP-UE et mettre en avant les relations Europe-Afrique. Le rôle du FED
est un autre thème intéressant. Ces points pourraient aussi faire
l’objet des tables -rondes, en mettant en avant les aspects
trans-sectoriels ou/et les programmes infrastucturels du 9ème FED. Enfin
l’idée d’un Forum est envisageable pour des débats ouverts sur les
thèmes d’actualité. Je souhaite aussi que la participation africaine
soit encouragée (pourquoi pas par un financement de l’UE ?). Le
président m’interrompt poliment en me remerciant pour mes propositions
mais remarque que l’on n est pas encore au point pour entrer à ce point
dans les détails. NdR : j’avais pourtant entendu à l’ouverture qu’il
fallait faire part de nos préoccupations concrètes, en détail ... mais
il faut bien admettre les contingences de la fin du débat. On aura
l’occasion d’en reparler, du moins je l’espère.
Réunion du Groupe C&T : j’arrive à la fin à cause de la réunion
précédente. On parle de dossier de presse, sous forme de documents
compilés. Ralf suggère de dire ce que nous pensons des processus dans
l’ensemble. Adina fait remarquer qu’une compilation de documents de
caucus est fastidieuse. Il faudrait savoir quel message on veut faire
passer, idées, attentes, ...Ralf pense qu’une évaluation des deux
semaines permet de faire le point de chaque caucus. On pourrait exprimer
nos satisfactions et nos réserves quant à la prise en compte de la SC
dans le processus intergouvernemental. Et faire remarquer que le Chapeau
politique est inacceptable en l’état. Renate remarque que « nous avons
eu des problèmes pour nous concentrer sur les textes ». NdR : en
d’autres termes, la SC n’a pas été assez contributrice aux textes
officiels, et a plus insisté pour marquer ses idées et ses propres
propositions. Ce qui aux yeux de CONGO est évidemment non productif.
Elle ajoute « Si la SC veut élever sa voix, il faut qu’elle soit dans le
cadre de notre rôle spécifique » NdR : Il n’est pas loin le temps où
CONGO nous dictera nos « contributions » qui respecteront « notre rôle
spécifique », qui nous sera précisé par une Directive CONGO ... .
Cependant elle ajoute : « ce qui manque dans tout le processus, c’est
notre vision », ce qui est bien vu et traduit un ressenti général, mais
qui est en complète contradiction avec sa conception de « coller aux
textes officiels ». Rik souligne ce point en demandant de « montrer nos
différences ». Le Caucus « Peuples autochtones » ajoute encore à cet
argument en affirmant que la SC doit se faire entendre et ne pas se
limiter à contribuer au travail intergouvernemental.
Nous voici arrivés - en ce vendredi- au dernier jour de ce PrepCom-2 et
à la dernière Plénière de la SC qui rassemble environ soixante-dix
personnes. Le tour des comptes-rendus de réunion commence avec le Caucus
Afrique. Il doit présenter sa déclaration tout à l’heure en Plénière du
SCI et s’excuse de n’avoir pu la remettre comme prévu. Le texte est prêt
... mais l’orateur reste à désigner. Ce sera finalement Traoré Wodjo
Fini (Club Union Africaine) qui la présentera.
En absence de Djilali, je rends compte de l’activité du Groupe de
travail sur le Financement. Il travaille sur deux documents : (1) un
document programmatique et (2) un Plan d’action lié au financement. Ces
documents seront disponibles au PrepCom-3. Je note avec regret qu’un
temps de parole nous a été retiré. Rik résume la réunion de C&T d’hier
soir qui a procédé à une réflexion sur ce PrepCom en termes de (1)
résultats atteints, (2) la contribution de la SC, (3) notre expérience
du Sommet. La première version sera disponible lundi. Le Caucus
Moyen-Orient/Asie de l’Ouest a discuté de la confidentialité sur les
réseaux télécoms et Internet, sur les formes d’expression et les flux
des communications échangées. Il a noté que « des marges confortables »
sont engrangées mais que la SC n’en tire aucun profit. Il lance un appel
à l’aide pour la protection et la promotion des ONG de cette Région afin
qu’elles puissent « grandir ». Le Caucus « Side Events » (NdR : Tiens
voilà un caucus tout neuf ! Et ça fera un siège de plus pour la Tunisie
au BSC) propose pour Tunis, un village africain et un Forum pour les
handicapés. Le BSC a examiné les problèmes de bourses et défini les
critères qui ont été envoyés au secrétariat de l’UIT. Un communiqué de
presse a été mis ensemble par Adina « sur un texte approuvé » (NdR : à
noter, car ce point est important ... pour la suite). Un projet de
charte sur les méthodes de travail va être proposé sur la liste de la
plénière « prochainement ». La réunion des deux Bureaux (BSC et BIG) a
finalisé son document ( ???) qui va être envoyé aujourd’hui.
Le Caucus Amérique Latine-Caraïbe a évoqué la réunion régionale. Il a
noté que les obstacles rencontrés par les mécanismes de financement et
leur manque de perspective générale. Il faut des idées suffisamment
pratiques et réalistes. Enfin il aimerait voir mentionnés des points non
négociables qui vont au bénéfice de tous les hommes de la planète. Le
Caucus sur la Gouvernance de l’Internet a continué son travail pour le
Rapport du WGIG. Il semble « heureux » de se voir bien intégré et
souhaite la même chance aux autres caucus. L’approche multipartenariale
fonctionne bien et la SC est reconnue. C’est un levier à utiliser. Le
Rapport sera prêt en juillet pour être remis aux gouvernements. Il sera
ensuite négocié entre eux sans notre participation. C’est alors
seulement que l’on pourra évaluer la prise en compte réelle (des
contributions) de la SC dans ce travail de fond. « Nous sommes ouverts
et inclusifs, tout le monde peut nous joindre » conclut Adam Peake. NdR
: Pas tant que cela puisque Jane Y Park nous a aussi informé de biais
regrettables pour la SC dans ce multipartenariat idéalisé. Le Groupe de
travail sur les méthodes de travail s’est réuni à l’issue de la réunion
du BSC et ses recommandations initiales sur différents problèmes sont
disponibles sur son site. Il pourra proposer des modes opératoires à
l’ensemble des caucus de la SC. Le Caucus Diversité culturelle a fait sa
déclaration avec des contributions concrètes en plénière du SCI ; une
partie a été retenue par les gouvernements. Par contre, il y a toujours
une âpre discussion sur le Chapeau politique ; il sera re-examiné au
PrepCom-3.
Bertrand de la Chapelle est alors appelé à commenter la « Déclaration
commune de la SC et du Secteur privé », document dont il est un des
instigateurs et rédacteurs. En effet, cette déclaration doit être lue «
au nom de la Plénière de la SC et du Comité de coordination du Secteur
privé, CCBI) » devant la Plénière intergouvernementale, ce que
j’ignorais jusque-là, comme la majorité des membres de la SC ! Sans
avoir été ni débattu ni formellement approuvé par la Plénière de la SC.
NdR : Voilà encore un des tours de passe-passe favoris que les
activistes et prosélytes de l’e-economy, du MSP et Internet réunis
imposent à la SC pour assurer leur propre avenir. Cette déclaration ne
traite pas de points particuliers sur lesquels la SC et le SP auraient
un intérêt commun, mais sur des problèmes de fond : les mécanismes de
mise en œuvre et de suivi pour le SMSI après Tunis, comme prémisses d’un
nouveau modèle de multipartenariat. Basé sur celui-ci (MSP), la
déclaration demande que TOUT groupe mis en place dans ce contexte DOIT
être mulipartenarial y compris sur le plan national. Devant les
réactions d’étonnement voire de grogne qu’a suscité ce document pour une
partie des présents, Bertrand fait remarquer qu’il avait été mis sur le
site de la plénière de la SC et « n’a pas eu de commentaire négatif »
(sic). Il l’a donc publié aujourd’hui ... et fait lire en Plénière en
notre nom avec l’aimable connivence du Secrétariat exécutif. Voilà
probablement une belle démonstrationde« e-démocratie » ! Rentrant chez
vous à 9 heures du soir après « 12 heures non stop de PrepCom » il vous
faut vous précipiter sur votre PC, examiner parmi les trente messages
quotidiens liés au SMSI celui de M. de la Chapelle pour le lire,
l’évaluer, l’amender ou le rejeter. Le décompte des opinions ainsi
exprimées est aussi transparent que le processus lui-même ! Il y a des
jours où on se demande pourquoi s’investir dans une telle ... galère ! A
la suite de cet épisode, la Plénière écoute le compte-rendu du WGIG. Rik
annonce qu’il sera présenté le 11 juillet à Genève puis intégré au
Chapitre 3 du Document de Tunis. Adam rappelle la réunion de l’ICANN à
Luxembourg. Bertrand signale cependant que suite à un problème entre
l’UIT et le WGIG, la présentation du Rapport est retardé au 17 juillet.
Comme pour « en rajouter une couche » il déclare évidemment en anglais «
ce problème est très important et montre comme on traite le
multipartenariat » (...) « ce seront des critères pour la future
coopération » (sic). Au nom du Caucus Afrique, Delphine se déclare
satisfaite de la présentation des problèmes du financement de la «
fracture numérique » et de position par rapport à la gouvernance de
l’Internet en Plénières intergouvernementales, elle insiste sur la
présence des ONG au Sommet de Tunis et exprime son « plaisir d’avoir été
parmi (nous) pendant ces deux semaines ». Le Caucus Droits de l’enfant
signale qu’il finalise ses recommandations en vue du PrepCom-3. Steve
signale que le document de son Groupe Médias n’a pas pu être distribué,
suite à une déclaration de la délégation tunisienne. Il demande que ce
document de la SC soit non seulement diffusé à Genève mais aussi en
Tunisie. Enfin, Andy signale que le nouveau Rapport sur le développement
de la Banque Mondiale, dont le projet vient de sortir, est complètement
« à côté de la plaque et de nos préoccupations ».
A la suite de cette réunion je m’entretiens avec Traoré qui doit
présenter la déclaration du Caucus à la Plénière intergouvernementale
pour un échange de vues ; il a été très heureux du soutien de CSDPTT
pendant ce Caucus et conclut « Nous avons besoin de CSDPTT ! ». Nous
allons ensemble à la Plénière. Madame Hasan intervient en premier au nom
de CCBI : déclaration récurrente sur l’environnement propice pour la
concurrence qui encourage les jeunes à s’investir et incite au progrès.
Elle lit ensuite la Déclaration commune sur le multipartenariat, au nom
de la Plénière de la SC et de CCBI. J’avale des couleuvres ... Une
intervenante présente ensuite la Déclaration de l’Internet World
Association (sic) puis Andana Supo présente celle des Peuples
autochtones du monde. Il rappelle qu’un document avait déjà été adressé
au président du SMSI à Genève en 2003, qui mentionnait non seulement la
« fracture numérique » mais aussi la perte d’identité que subissent ces
peuples. Il demande la reconnaissance de leur droit à résoudre le
problème de la « fracture numérique » en fonction de leur vision. Il
déclare que la réduction de la pauvreté passe aussi par le renforcement
de leurs cultures et traditions, par des modalités adéquates définies
par leurs propres experts en TIC. A cette fin il demande l’instauration
de bourses pour leur formation.
A sa suite intervient Traoré pour présenter la déclaration du Caucus
Afrique qui porte sur le financement de la « fracture numérique ». La SC
africaine se félicite de la mise en place du FSN et recommande qu’il
serve à cette fin pour « compléter les autres mécanismes de financement
» qui doivent par ailleurs être renforcés en vue de la réalisation des
infrastructures TIC. Enfin, la SC africaine invite à la solidarité
internationale pour alimenter ce fonds, qui doit profiter réellement aux
africains. Après les interventions des « parties prenantes » la Plénière
intergouvernementale commence ses débats sur le Chapitre 2
(Financement), toujours controversé, et plus particulièrement sur les §
24 à 27. Voici quelques extraits. A propos du § 26, l’UE propose
d’améliorer l’accès aux moyens de financement existants et à la
coopération, et estime que le rythme d’accélération du financement est
moins problématique. Le Brésil qui insiste sur le maintien des flux
Sud-Sud comme mécanismes de financement des TIC, demande à réfléchir sur
la proposition de l’UE « qui restreint quelque peu la problématique ».
Ce que Cuba, qui estime que la proposition de l’UE est contradictoire,
ne peut accepter. Le Salvador soutient la rédaction proposée par le
président en estimant que le problème n’est pas l’accès au financement
mais son montant. Pour les Etats-Unis, l’UE met l’accent sur deux
concepts importants : (1) amélioration des mécanismes existants et (2)
mise à disposition des ressources pour le développement. Sa délégation
se contentera d’entériner ce qui a déjà été convenu en phase I du SMSI.
Le mécanisme de financement virtuel prôné par le Rapport du TFFM est
critiqué par différentes délégations dont l’Algérie et la République
Sud-Africaine (RSA) ; le Canada propose de le modifier (« le texte est
trop grandiloquant »). Entre temps j’échange quelques propos avec M.
Samassékou qui est entré en plénière ... tandis que le représentant de
Cisco, Mr O’Reilly, « lobbye sec » en « butinant » auprès de différentes
délégations pour un court échange probablement « intéressant » ... Le
Brésil demande de changer « radios pour les collectivités » par « radios
communautaires ». Le § 23 (qui traite notamment de la durabilité des
projets liés à la SI) soulève un petit conflit entre le Brésil et le
Salvador à propos de ces radios communautaires ou (ou=exclusif) locales.
Le Brésil est pour l’appellation « communautaire », plus expressive que
« locale », mais le chef de la délégation du Salvador est ... directeur
d’une chaîne radio. Cette explication m’est soufflée par mon voisin,
membre de la SC latino-américaine. Le président de la Plénière souhaite
un § plus court sur la coordination du financement. Les Etats-Unis
approuvent l’idée mais ont des difficultés pour comprendre (sic) «
incombe au gouvernement » ; il faut permettre l’intervention d’outils et
de mécanismes privés. Si cette phrase est maintenue nous ne pouvons pas
la soutenir. Ils s’interrogent enfin, où sont les limites entre le
gouvernement et le secteur privé. Au terme d’une pause d’une demie heure
pour discussion entre délégations, le président met donc ce texte entre
crochets. Cent soixante délégations, une demie heure ... pour essayer
d’enlever les crochets, on se croit dans un autre monde ! La Plénière
suspend ses travaux à 13 heures et reprendra son ultime session ce soir.
En absence de consensus sur les § les plus discutés du Chapitre 2
(financement des objectifs du Plan d’action), celui-ci sera « bouclé »
tel quel et la discussion sur son contenu reprendra au PrepCom-3.
L’avenir de tout ce petit monde est assuré !
Dernière réunion du Caucus Europe(EUC) ; elle est présidée par Annette
Mühlberg (syndicat Ver.di, Allemagne). J’interviens pour exprimer le
malaise que je ressens suite à la lecture du long message de Jane Y.
Park adressé à la plénière de la SC, trouvée dans mon courriel tard hier
soir. Ce qu’elle nous dit doit nous interpeller et nous faire pondérer
l’enthousiasme de certains d’entre nous pour le processus du WGIG et
cette collaboration « exemplaire » de la SC. Les autres participants ne
paraissent pas avoir de tels doutes théologiques. Il est vrai que
presque tous baignent professionnellement dans Internet. Un rapide
compte rendu du BSC nous apprend que le Rapport de l’iFEX (Etude sur le
respect des DH en Tunisie) y a été perçu comme « un problème officiel »
de par l’interdiction de sa circulation officielle au PrepCom-2. Le
caucus LAC (Amérique Latine-Caraïbe) n’a soumis aucun rapport depuis
plus d’un an et demi. Le BSC veut connaître les « focal points »
régionaux. EUC doit affirmer sa place et envisager une procédure
électorale. La discussion sera poursuivie en-ligne. La discussion pote
ensuite sur la réunion avec la présidence européenne hier soir. Le EUC a
mis en avant ses préoccupations : le contrôle tunisien, le rôle des
tunisiens impliqués dans les organes officiels du SMSI. Des participants
espagnols ont été intimidés par des membres tunisiens des Bureaux du
SMSI. Ralf revient sur les conditions posées par la SC pour le Sommet de
Tunis en regrettant la longueur de notre document. Quant au point focal
d’EUC, Christine a été désignée. Elle prendra contact avec les
assistantes respectives des ambassadeurs du Luxembourg et du Royaume
Uni. Il revient ensuite sur le déroulement de la réunion pour déplorer
le trop grand nombre de questions qui y ont été posées. Nous devons
coller davantage à l’ordre du jour et éviter le mélange des genres si
nous voulons être écoutés. Anette pense cependant que l’intervention sur
l’Etude del’iFEX a été utile. Pour Rikke (danoise) nous devons lobbyer
la Commission : c’est Bruxelles et non les gouvernements qu’il faut
alimenter avec des points les plus importants des modalités du Sommet de
Tunis. Pour Anette la présidence veut connaître des problèmes concrets,
dont ceux focalisés sur les DH. Elle suggère un panneau de présentation
de la citoyenneté européenne, des aspects multiculturels, des problèmes
et des succès. En réponse à Rikke, je fais remarquer que si le lobbying
à Bruxelles s’impose de fait, le contact avec le Parlement européen
devrait s’imposer « de droit » à la SC ! Je demande donc que ce contact
et les modalités implicites soient une priorité de la SC. Anette revient
sur le Chapeau politique dont une première version telle que sortie du
PrepCom-2 sera envoyée aux parties prenantes pour recevoir leurs
commentaires. Il est donc possible de proposer de nouvelles
contributions. En fait ce document complet lui semble une version
appauvrie de la Déclaration de Genève. Un participant allemand suggère
une liste de contact à Bruxelles et à Strasbourg ainsi qu’un nombre
restreint de groupes focalisés sur des points spécifiques qui pourraient
se rencontrer et se concerter pour lobbyer « au bon niveau ». Rikke
craint un risque de duplication des problèmes. Bruno se propose pour
travailler avec Anette pour faire des propositions ; il faudra être à
Bruxelles et au Parlement européen (PE). Je propose ma candidature pour
être le focal point auprès du PE et indique au Caucus que c’est Harry de
Backer qui est le coordinateur de la SC auprès de la Commission ; je
l’avais rencontré au Sommet de Genève et attends depuis de ses nouvelles
qu’il m’avait promises ...
Retour au Palais des Nations pour la « dernière Plénière
intergouvernementale ». En discussion les Chapitres 1 et 4 du Document
de Tunis. L’Iran a des craintes sur les délais des documents et
s’interroge sur la nécessité d’une réunion intersessionnelle. En effet,
le Rapport du WGIG ne sera présenté que le 18 juillet. Le président
Karklins lui répond que cette décision est du ressort du Bureau
intergouvernemental. En outre le PrepCom-3 est court et il y a risque de
ne pas disposer de document finalisé à temps. Il propose d’envoyer les
contributions au chapitre 3 (gouvernance de l’Internet) au Bureau qui
tentera d’élaborer un consensus. Les Etats-Unis approuvent le Rapport du
WGIG (NdR pas encore finalisé ni publié) mais ont u problème avec la
dernière phrase (du § 4) qui est en contradiction avec la Déclaration et
le Plan d’action de Genève. Il faut donc un document du WGIG à présenter
au PrepCom-3 où nous discuterons sur la reprise des propositions à
intégrer dans le Chapitre 3. Les EU feront leurs remarques dès la
parution du Rapport du WGIG. Des motions d’ordre du Luxembourg et de la
Chine pour demandes d’explications. Le Luxembourg propose de mandater le
Bureau pour préparer le PrepCom-3 ce que contestent l’Algérie. Le
Président Karklins note qu’il apparaît deux camps : ceux qui veulent que
rien ne soit fait en dehors des PrepCom, et donc avant PrepCom-3, et
ceux qui proposent une réunion informelle pour « aplanir » les
difficultés actuelles en vue du PrepCom-3. La discussion s’embourbe
autour des procédures utilisables pour lever les réserves et le
président parle d’interrompre le PrepCom-2 et continuer en groupes de
discussion informels avec le Bureau. On ressort alors le lapin du
chapeau : « l’ambiguïté constructive ». C’est une clause de style
utilisée lors des négociations sur le désarmement : personne ne
comprend, mais chacun accepte. Il faut arrêter le débat, ou le Président
demande une suspension sous réserve que les gouvernements sont prêts à
un compromis éventuel au bout de 4 ou 5 heures de discussions ; sinon
mettre aux voix la proposition du Luxembourg. Je dois quitter ce débat
pour ne pas manque mon dernier rendez-vous avec mes collègues de la SC.
Il est 17 heures ce vendredi soir et Tracey préside la dernière réunion
du Groupe C&T. Elle est honorée par la visite du représentant du
Secrétaire général de l’UIT et du Sommet. Il était temps ! Il exprime sa
profonde gratitude et remercie Adina pour son travail de liaison entre
la SC et le secrétariat exécutif. Il félicite la SC pour ses bonnes
interventions, toujours en phase avec les problèmes. Il annonce la
parution proche du Document n°4 (« important ») sur le site UIT/SMSI. Il
souligne les interventions des différents partenaires impliqués dans un
véritable processus multipartenarial. Je remercie le représentant de
l’UIT pour l’intérêt du Secrétaire général de l’UIT à l’égard de la SC,
mais lui rappelle que le multipartenariat qu’il promeut au SMSI, il ne
le pratique pas dans « sa maison ». La SC attend à juste titre que l’UIT
s’ouvre à elle et je rappelle que l’UIT, organisme intergouvernemental,
compte non seulement 180 Etats membres mais aussi plus de 600 membres du
secteur privé, alors qu’aucun membre de la SC n’est habilité à en faire
partie. Réponse (authentique) du haut fonctionnaire de l’UIT : à la
cérémonie d’ouverture du Sommet de Tunis, la SC sera partie prenante de
haut niveau (« top level »). On ne vit pas dans le même monde ... Ralf
rétorque qu’il y aura peut être des orateurs de la SC, mais rappelle que
l’UIT avait filtré les intervenants de la SC lors du Sommet de Genève ce
qui a fortement irrité la SC. Le représentant du secrétaire général
répond que cette fois-ci « l’UIT essaiera de faire de son mieux ». Nous
voilà complètement rassurés ! Steve lui rappelle la distribution de
documents sur la liberté d’expression, a été interdite jeudi dans le
cadre d’une réunion bien modérée sur les DH, et rappelle qu’il y a eu
d’autres précédents. Notre hôte se déclare « not in position to answer »
mais remercie Steve pour son intervention. Il a « pris note de certains
sentiments et les transmettra au secrétaire général ». Quand on vous dit
que la SC est véritablement reconnue et respectée ... Tracey le remercie
tout comme elle exprime nos remerciements à Adina ; au moins Adina ne
les a pas volés. Robert rend compte de la Plénière intergouvernementale
qui a suspendu sa séance et mis en place un groupe de rédaction ... d’un
éventuel compromis ou consensus. Elle demande un rapide tour d’opinion
sur le PrepCom-2. Pour Ralf nous devrons focaliser davantage sur le
processus complet et moins entrer dans le détail. Il constate que l’on a
perdu la vision, qu’il a l’impression de participer à un « Sommet
Internet », car même le financement s’est focalisé sur les réseaux
dorsaux et les points d’échange Internet. Le suivi du processus n’a pas
été réellement discuté. La gouvernance de l’Internet a été dominante
mais il s’interroge déjà sur la nécessité d’un PrepCom-3 bis. Il faut
que nous réussissions à sortir les problèmes « des papiers », que nous
disions quelle SI nous voulons. « Nous soutenons pleinement la
Déclaration de Genève » (de la SC), et il se demande ce que sera le
nouveau document (de Tunis). Renate nous rapporte que la Plénière
intergouvernementale rencontre un problème d’incompatibilité avec la
Déclaration des principes de Genève. La Suisse a présenté une
proposition de document pour PrepCom-3 : la « Plate-forme de Genève pour
l’action ». Donc, il ne faut pas parler d’échec. Les gouvernements ont
dit « nous avons besoin de votre vision ». La SC doit apporter de
nouvelles idées. Nous voulons changer la vie des gens. Voilà le discours
récurrent de CONGO : incantatoire et décalé. Pour Ramin la réalité est
que la vision est perdue, mais il invite néanmoins la SC à contribuer et
à continuer d’avancer. Pour Robert notre défi est de réagir aux
documents. Sally Burch (tiens la revoilà ! Mais où a-t-elle bien pu
passer ses journées depuis son apparition quasi miraculeuse en début de
semaine ?) constate aussi que la vision a bien été perdue. Le WGIG a
constitué un pas positif. Les DH ont encore beaucoup souffert. Je ne
peux que m’associer à ce constat : la SC a perdu sa vision du fait d’un
processus lui-même en essoufflement, d’une atomisation des ses
composantes (la multiplication de « caucus de 2ème génération », sans
autre justification que circonstancielle ...) et donc une moindre
pertinence de ses analyses et propositions, et enfin de tensions
internes d’origine tuniso-tunisiennes. Comme en écho, un participant
tunisien déclare avoir fait un tas d’amis et remercie tout le monde. Et
il ajoute : « les vétérans ont été surpris de trouver tellement de
tunisiens ». NdR : « Le vétéran » estime que voilà au moins une
contribution originale. JaneY. Park regrette les controverses au sein et
à propos du WGIG et formule des espoirs pour le PrepCom-3. Robert pense
qu’il est urgent d’avoir des explications objectives. Rik fait état d’un
pré-rapport de la Banque Mondiale (BM) qui déclare que « le fossé
numérique n’existe pas ». Si ça peut rassurer nos amis africains ...
Andy complète l’info : la BM a écrit dans un document paru pendant le
PrepCom un texte intitulé : « Digital Divide rapidly bridged » (Le fossé
numérique sera comblé rapidement). Ces « banquiers » sont vraiment des
connaisseurs ... Je reviens sur la déclaration de Jane Y. Park pour lui
exprimer ma reconnaissance pour le courriel qu’elle a envoyé à la liste
de la Plénière. Car jusqu’ici je pensais que le WGIG était « exemplaire
». J’en doute après cette lecture, et -si elle dit effectivement la
vérité- je lui témoigne de mon soutien car elle a été quelque peu «
secouée » par certains intervenants dans la réunion précédente. Tidjani,
tunisien, estime que nous subissons la décision du PrepCom-1 ( ?). Karen
pense qu’il sera trop tard de discuter de gouvernance de l’Internet au
PrepCom-3, qu’il y a un problème de participation de la SC à l’OMPI
(Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle) relativement plus
aigu qu’au SMSI. Elle demande de laisser le Caucus Gouvernance de
l’Internet régler « son problème ». Behind closed doors, Karen ? Jane Y.
Park lui répond qu’elle aimerait bien y œuvrer et qu’elle espère que la
SC y sera plus diversifiée. Elle me remercie chaleureusement pour mon
intervention.
Sur ce il est 19h 30 et nos interprètes volontaires, qui nous ont
facilité nos réunions du matin et du soir pendant cette quinzaine, ont
encore fait une demie heure supplémentaire pour ne pas nous interrompre.
Qu’ils soient tous cordialement remerciés pour leur précieux concours et
leur engagement généreux.
Voilà donc la fin d’une quinzaine très active, dans laquelle nous avons
connu plus de bas que de hauts et même quelques « coups fourrés » : le
dernier a été le « Communiqué de presse de la Société civile » diffusé
tardivement alors que les lumières du Palais des Nations étaient depuis
longtemps éteintes. Il présente à sa manière le bilan du PrepCom-2.
Rédigé par CONGO et NGLS, il n’a repris aucun des points de vue des
participants de la SC au PrepCom-2 exprimés lors de la discussion au
cours de la dernière réunion de C&T. On y trouve au contraire des
phrases telles que :
« les entités de la SC ont en général été satisfaites par les réponses
des gouvernements ( ???) pour faire entendre la voix des peuples en vue
de « réduire le fossé numérique ». « les groupes de la SC expriment dans
l’ensemble leur satisfaction face à l’opportunité accrue de s’exprimer
devant la Plénière (NdR : c’est faux car la SC « bénéficiait » déjà de
ce quart d’heure d’expression quotidien lors de la 1ère phase !) et de
promouvoir l’idée de pluralité des parties prenantes comme modèle de
travail pour le PrepCom-3, le Sommet de Tunis et pour la mise en œuvre
et le suivi du SMSI ». En aucune circonstance la SC ne s’est déclarée «
satisfaite » de cette mouture du multipartenariat que l’on veut lui
vendre depuis le début du SMSI, CONGO en étant parmi les plus zélés
bonimenteurs.
Il ne reste plus à CSDPTT que de préparer ses crayons, loupe et ciseaux
pour exprimer ses positions sur le Document du Sommet de Tunis et
-surtout- pour rédiger ses contributions au débats et à l’action en
faveur des populations des PeD, afin qu’elles soient à leur manière et à
leur rythme admises dans ce monde de la communication et de la solidarité.
Strasbourg, le 31 mars 2005
Jean-Louis Fullsack
Délégué de CSDPTT au SMSI
(Version révisée et corrigée le 1 avril 2005)
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